| Ecrit par Johanna Pons,
le 29-09-2008 00:00
|
|
La Toussaint cambodgienne s’achève ce mercredi, l’occasion pour le Petit Journal de revenir sur cette quinzaine très importante pour la communauté bouddhiste du Royaume. Bienvenue aux morts donc…
Les jours fériés sont toujours bienvenus, mais les significations, religieuses ou civiles, de telle ou telle célébration nous sont souvent obscures. Pchum Ben tient un rôle central dans le calendrier cambodgien, et se base comme la plupart des fêtes bouddhistes, sur le calendrier lunaire. Les dates en varient donc d’une année à l’autre…
Dans la religion bouddhiste, Pchum Ben désigne le dernier jour de Kan’Ben, quinze jours pendant lesquels le Dieu des enfers Yâma libère les âmes des morts qui viennent hanter les vivants. Rien de très excitant dites-vous? Contrairement à son nom, la fête des morts est des plus festives. De pagode en pagode, les croyants se rassemblent et communient dans un véritable esprit de fête. Le nombre de pagodes visité faisant l’objet d’un décompte plus précis pour les plus compétiteurs des croyants…
Les « ben » désignent les boules de riz gluant cuit dans du lait de coco, auxquels sont mélangés divers types d’ingrédients selon les traditions locales. Elles servent d’offrandes pour les morts qui, s’ils ne les recevaient pas, pourraient maudire leur famille. En effet, les ben permettent la création d’un corps spirituel après le décès. Chaque jour de la quinzaine, les croyants se réunissent à la pagode, dès quatre heures du matin, pour rendre hommage à leurs disparus. Les ben sont déposées autour du bay bettbor, un gâteau de riz pointu recouvert d’une feuille de bananier, au bout duquel on plante une bougie, des fleurs et des baguettes d’encens. Puis hommes et femmes vêtus de blanc prient et écoutent les sermons des moines avant de leur offrir un petit-déjeuner. Les plus assidus retournent au monastère dans la matinée pour offrir aux bonzes leur principal et dernier repas de la journée, et souvent des dons accompagnent les différents mets. Le dernier jour du mois est aussi le plus important: c’est celui du pracum ben, autrement dit « rassemblement des ben ». Les célébrations religieuses débutent à la tombée de la nuit et durent jusqu’au lendemain, chaque famille se retrouve autour d’un repas dédié aux « disparus ». Une manière de veiller au repos de ces derniers mais aussi d’attirer de bons augures pour la famille bien vivante elle. On comprend donc pourquoi ce dernier soir les croyants prennent grand soin à préparer leurs offrandes. C’est au Palais Royal que le rite prend tout son sens, le Roi et la Famille Royale réunis consacrent une statue d’argent du Bouddha pour les Salut du Royaume. Pchum Ben prend alors fin et les âmes errantes s’en retournent…jusqu’à l’année prochaine.
Johanna Pons (www.lepetitjournal.com Cambodge) Lundi 29 septembre 2008
|