| Ecrit par Adeline Bourg,
le 25-09-2008 00:00
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Certains industriels agro-alimentaires useraient de plusieurs stratagèmes pour dissimuler une hausse des prix. Une enquête du magazine 60 millions de consommateurs publiée aujourd’hui révèle divers procédés peu scrupuleux et provoque de vives réactions Prenons par exemple des biscuits bien connus, les Princes de Lu. Si au début de l’été ils pesaient 330g, à la rentrée, ils n’en pesaient plus que 300. Un régime vendu au même prix ! C’est cela que les journalistes de 60 millions de consommateurs appellent "l’inflation masquée". Dans une enquête diffusée aujourd’hui, le magazine dévoile en effet les procédés qu’utilisent les professionnels pour préserver ou augmenter leur marge malgré la hausse du prix des matières premières. Trois stratégies sont ainsi clairement identifiées. La première consiste, comme avec les Princes de Lu, à réduire le poids du produit sans modifier le prix. Autre exemple dans ce cadre là, le fromage blanc Jockey de Danone est passé de 1kg à 850g sans que le prix ne soit diminué. La stratégie suivante porte sur l’emballage. En effet, les marques changent uniquement le packaging d’un produit et le vendent du coup plus cher. Un paquet de chewing-gums de chez Aldi par exemple est passé de 13,75 euros à 20,73 euros. Le tout, en changeant uniquement de boîte... Enfin la dernière astuce, et sans doute la plus pernicieuse, consiste à modifier la recette d’un produit, c'est-à-dire à remplacer les ingrédients les plus onéreux par des produits moins chers. Le beurre est remplacé par de la margarine végétale dans de nombreux biscuits. Résultat, plusieurs consommateurs se sont plaints au magazine d’une différence de goût. Pas de l’arnaque, mais du marketing Côté industriels de l’agro-alimentaire, un seul mot d’ordre : profil bas. Face aux questions des médias, la plupart choisissent de ne rien dire. D’autres expliquent que s’ils réduisent le poids, c’est pour la santé des Français. Jean-Pierre Buisson, président de l’Association nationale des Industries Alimentaires interrogé par l’AFP, a quant à lui émis des doutes sur la fiabilité de l’enquête de 60 millions de consommateurs. Selon lui, les Français "acceptent de payer plus cher des produits qui ont une vraie valeur ajoutée ou une valeur nutritionnelle supérieure". Même le gouvernement est embarrassé par cette affaire. Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la consommation a expliqué que ces pratiques ont toujours existé. Cela s’appelle du marketing. Marie-Jeanne Husset, directrice de 60 millions de consommateurs s’est insurgé : "le marketing qu’on enseigne dans les écoles est devenu une technique pour gruger les consommateurs". A bon entendeur… Adeline BOURG. (www.lepetitjournal.com) jeudi 25 septembre 2008 En savoir plus 60 millions de consommateurs – Ce n’est pas plus cher mais il y en a moins Nouvel obs – L’industrie agro-alimentaire use de procédés pour camoufler les hausses de prix Libération – Accusés de trucages, les groupes agroalimentaires se montrent peu bavards
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