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HUMOUR INTERCULTUREL : Circulation et Calligraphie (2e partie) |
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| Ecrit par François Gonse,
le 26-09-2008 01:00
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S'il est une chose bien étonnante en Chine, c'est la
circulation automobile ! Flux, bruit, vitesse sont cependant trois
entités complémentaires, en rapport direct avec… la calligraphie !
A Shanghai, tant qu’il y aura des voitures, il y aura des pinceaux ! Des pinceaux parfois si puissants qu’ils nous racontent des histoires édifiantes, qu’ils étalent sur la chaussée des poèmes glorifiant la nature. Comme des bolides plus rapides que les nuages, ils font tâche, trainée de pointillés ou bien ils volent en éclats s’éparpillant dans une gestuelle désordonnée. Parfois, deux pinceaux-scooters s’entremêlent et finissent leur course au sol… Plof ! Sans grands bobos, on prend une autre feuille et c’est reparti !
Quand on marche à Shanghai, on est pris immédiatement dans l’histoire en cours, une histoire vivante, en perpétuel mouvement. Car lorsqu’une auto s’arrête enfin, tous les caractères motorisés et modulés, harangués et « gueulés » à tue-tête s’effacent comme par enchantement. C’est comme ces calligraphes d’eau sur dalles dans les parcs de Huaihai Zhong Lu ou de Lu Xun : cette eau qui disparaît, s’évapore, s’élevant dans le ciel à la rencontre de dieux chevauchant des dragons…
Tout ce fracas d’images, mou et rugueux, sec et fleuri qui dégouline hors du pinceau comme on écrase un citron, c’est plutôt de bon augure. Cela prouve que la Chine, au moins à travers son réseau automobile, est dynamique, créative, pressée, présente, sous les étoiles, dans la brume matinale ou bien sous un soleil torride.
Oserait-on emprunter ces propos de Shitao, peintre-calligraphe chinois des XVII-XVIIIe siècles, pour se sentir transporté dans les fibres du papier aux sons des klaxons et de la « rage » automobile ?
« Le pinceau va à gauche, à droite, en relief, en creux, brusque et résolu, il s’interrompt abruptement, il s’allonge en oblique, tantôt comme l’eau, il dévale vers les profondeurs, tantôt il jaillit en hauteur comme la flamme, et tout cela avec naturel et sans forcer le moins du monde ».
François Gonse
Crédit photo: François Gonse
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