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POLITIQUE – Les postures de La Poste |
| Ecrit par Madeleine Garde,
le 24-09-2008 00:02
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Pour leur journée de mobilisation contre le changement de statut de La Poste, les salariés ont débrayé hier partout en France. Au-delà du mouvement d’inquiétude, c’est bien de la notion de service public dont il est question. Privatisera, privatisera pas ? Le gouvernement se donne deux mois pour trancher
Faut-il regarder l’avenir de la Poste par le petit bout de la lorgnette ou via un miroir grossissant ? (photo AFP)"Anti postal tu perds ton sang froid" chantaient hier les personnels de la Poste, reprenant un vieil air des Trust dans la quarantaine de manifestations et de rassemblements organisés dans toute la France. Invariablement, les chiffres varient : ainsi quand la direction de la Poste annonce qu’un quart des postiers sont en grève, le syndicat Sud-PTT avançe un taux de 40%. Selon un sondage CSA publié hier par L'Humanité qui titrait "Touche pas à ma poste", 61% des Français se déclarent hostiles à un changement de statut de la Poste tandis que six Français sur dix ne sont "pas favorables" à sa privatisation. Bien entendu, les 300.000 salariés de l'établissement public –qui est le troisième groupe français par ses effectifs, s’inquiètent pour l’avenir de leur emploi et de leurs fonctions. Même si le Groupe La Poste a enregistré en 2007 un chiffre d'affaires de 20,82 milliards d'euros, la direction de La Poste estime avoir besoin de à 3,5 milliards d'euros sous 5 ans pour maintenir ses activités de courrier, colis express, Banque postale et son enseigne -qui regroupe bureaux de poste et activité de guichets. Pour l’heure seuls 71 % de ses revenus sont soumis à la concurrence, et seul l'acheminement des lettres de moins de 50 g reste encore sous monopole. Mais dans trois ans, et dans le cadre de sa grande réorganisation démarrée voilà une décennie, 100 % des revenus seront en concurrence : le marché des plis postaux sera entièrement libéralisé en 2011. D’ailleurs, dès janvier, La Poste subira aussi la fin du monopole du livret A, qu'elle partageait jusqu'ici avec les Caisses d'Epargne.
De la modernisation à la privatisation Voilà pourquoi, après France Télécom, EDF et GDF, La Poste demande à ouvrir son capital. Elle souhaite d’abord en finir de son statut d'entreprise publique, pour se transformer en société anonyme et ouvrir son capital d’abord à des investisseurs institutionnels. Forcément, les syndicats y lisent une "privatisation rampante" ce que dément vivement Jean-Paul Bailly. Le président de La Poste considère en effet que comme l'Etat conservera la majorité du capital et des droits de vote, La Poste continuera à assumer sa mission de service public : le service universel postal, la présence territoriale et l'accessibilité bancaire. Pourtant, la modernisation des 13.000 bureaux sur le territoire nécessiterait encore 1 milliard d'euros d'investissement par an d'ici à 2011. Même si la moitié de ses sites sont déficitaires, faute d'activité suffisante, La Poste s'engage à ne pas les fermer mais à en transférer la gestion à des partenaires. Pour l’heure le gouvernement réfléchit, et doit mettre en place vendredi une commission de réflexion sur l'avenir de l'entreprise. Elus, syndicats et représentants de l'Etat et de La Poste auront deux mois pour s'entendre sur des propositions. Madeleine GARDE. (www.lepetitjournal.com) mercredi 24 septembre 2008
En savoir plus Les Echos - La Poste : pour un débat sans idéologie Le Figaro : Pourquoi La Poste a tout intérêt à ouvrir une partie de son capital Le Progrès : Ouverture du capital de La Poste: pour l’usager ça va coûter plus cher Journal Du Dimanche : La bataille de La Poste
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