| Ecrit par Aurelie Colladon,
le 01-10-2008 00:00
|
|
Samedi 20 septembre, le Centre culturel français (CCF) inaugurait trois expositions, ainsi qu’un nouvel espace. Les œuvres du Cambodgien Leang Seckon y côtoient celles des artistes français Georges Rousse et Daniel Perrier, réparties de part et d’autre de la rue 184
Un exemple du travail ''collage'' de Leang Seckon (crédit LPJ)
Né en 1974 à Pier Reang, dans la province de Prey Veng, Leang Seckon étudie les arts plastiques de 1992 à 1997 puis le design jusqu’en 2002 à l’Université royale des Beaux Arts. Digne représentant de l’art contemporain cambodgien, il expose peintures et sculptures depuis 2001 dans diverses galeries de Phnom Penh et de Siem Reap mais aussi en Chine, en Thaïlande et aux Etats-Unis. Défenseur de l’environnement, il participe à plusieurs projets artistiques autour de ce thème. En 2006, il est à l’origine du projet « Rubish » rassemblant de nombreux artistes et personnalités pour sensibiliser aux problèmes de l’environnement par l’art. C’est à lui aussi que l’on doit cette année, à l’occasion de la journée mondiale de l’eau, l’installation d’un naga géant en papier recyclé sur la rivière de Siem Reap.
Recycler pour donner vie Pour cette nouvelle exposition de ses collages et installations au CCF, il ne trahit pas ses convictions écologistes. « C’est une excellente exposition pour enchainer sur ce thème, puisque la semaine de l’environnement vient de s’achever » souligne Alain Arnaudet, le directeur du CCF. En effet, l’idée principale de l’exposition est la circulation (ou le trafic) : « la circulation sur les routes tout d’abord, mais aussi la circulation dans la société, la circulation de la culture, la circulation dans le temps, à l’intérieur du corps » précise Leang Seckon. Les collages sont significatifs, vivants, le fruit d’un travail de plus de six mois. Les images découpées proviennent de vieux journaux et magazines collectés par Leang Seckon dans différentes provinces du Cambodge lors de ses voyages. « J’ai récupéré ces images dans les bâtiments démolis ou dans la rue » explique l’artiste, « les vieux matériaux sont très importants, ils ont une âme. Les recycler, c’est les ramener à la vie. En les assemblant, je leur permets de partager et d’échanger quelque chose ».
Un artiste engagé Au centre du très lumineux nouveau lieu d’exposition du CCF, une installation de Leang Seckon montre les résultats grandeur nature d’un carambolage entre un vélo et une moto. Le parti-pris est posé et illustre bien le texte écrit par l’artiste : « Le transport à Phnom Penh […] permet de saisir les comportements. Il reflète le manque de politesse des gens, leur degré de moralité et d’éducation, l’absence de responsabilité. »
Le mois prochain, c’est en tant que porte-parole de l’art contemporain cambodgien que Leang Seckon participera à Pékin à une table-ronde sur l’art et le changement climatique lors du 7ème sommet de l’ASEM (Asia-Europe Meeting).
Aurélie Colladon (www.lepetitjournal.com CAMBODGE) Mercredi 1 Octobre 2008
Jusqu’au 12 octobre 2008 Galerie du Centre culturel français, 218 rue 184, Phnom Penh
|