A l’occasion de la Semaine de l’environnement, Virginie Ovessian expose, sur les grilles de l’AFD à Phnom Penh, une série de treize photographies d’insectes et végétaux qui ne vous laisseront sans doute pas indifférent.
Libellules, moustiques, papillons…Il est rare de pouvoir les observer d’aussi près. Nous les entendons souvent, ils nous piquent parfois…mais notre regard ne s’attarde pas sur eux et le monde vivant qui nous entoure. Cette exposition a pour but de nous faire réfléchir sur la nature, et donc sur la place de l’homme dans l’environnement, au travers de photos prises à différentes étapes de la vie d’insectes: la mort, la pourriture… Virginie Ovessian en est convaincue, «
Figer les choses dans un monde qui bouge amène par la même occasion à la réflexion sur notre propre avenir. L’art sert avant tout à questionner, à interroger ». Pourtant, à l’origine, ses clichés n’étaient pas destinés à sensibiliser les citoyens aux problèmes environnementaux.
Travaillant depuis plusieurs années sur la botanique et l’entomologie, la photographe aime la nature et la connaît. C’est dans sa Provence natale qu’elle prend la plupart de ses photos, à l’occasion de balades, mais également lors de ses voyages en France et à l’étranger. Elle travaille également en studio, à partir de végétaux, minéraux et insectes qu’elle collectionne. L’exposition a vu le jour grâce à l’Agence photo Melon Rouge basée à Phnom Penh. Contactés par l’Agence Française de développement, Alexandre Burgeat et Thierry Merré, co-directeurs de Melon Rouge, ont imaginé intégrer le travail de Virginie dans le cadre de la protection de l’environnement. Ensemble, ils ont sélectionné, sur la base de trois travaux, les photos qui pouvaient correspondre à la demande de l’AFD.
Une Expo en plein air, une première à Phnom PenhAu travers de ces photos exposées en extérieur, Melon Rouge a tenté de nous montrer un art contemporain accessible à tous, y compris aux passants qui tombent dessus par hasard… Une première dans les rues de la capitale! «
Une telle exposition permet d’offrir différentes grilles de lecture » explique Alexandre Murgeat, co-directeur de l’Agence.
Rien à voir avec un musée, où l’on paye son ticket à l’entrée. Plusieurs khmèrs ont d’ailleurs été déjà surpris par ces insectes, pour une fois observables et immobiles, allant jusqu’à prendre une cigale pour un moustique! Il est certain qu’observer ces clichés dans la rue change notre regard, notre perception des choses. Virginie Ovessian le dit elle-même : «
J’aime l’idée que les gens puissent tout à coup voir mon travail, s’interroger, et rentrer dans ce petit univers ». En tant qu’artiste, c’est l’opportunité pour elle de s’interroger différemment sur la perception de son travail, d’autant qu’elle expose pour la première fois à l’étranger. Elle regrette seulement de ne pas avoir pu faire le déplacement…
Johana Pons (www.lepetitjournal.com Cambodge) mardi 30 septembre 2008Dérives Botaniques, de Virginie OvessianExposition en plein air.Sur les grilles du bâtiment de l’AFD, n° 5 rue 106Du 17 septembre au 5 novembre 2008