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Face à une crise qui persiste, le chef du gouvernement, José Luis Zapatero, a annoncé mercredi dernier des mois difficiles. Pour contrer un chômage en constante augmentation, le gouvernement adopte un nouveau plan d’immigration
Fini le temps des sourires pré-electoraux ; le chef du gouvernement doit faire face à la crise (LPJ/Karl Joseph)
La conjugaison d’une crise immobilière, d’une crise financière internationale et de l’envolée des prix du pétrole, empêche l’Espagne de relever la tête. Pendant près de 10 ans, elle a pourtant caracolé en tête du classement de la zone euro, en affichant une croissance spectaculaire. C’est dans ce climat de tension que le gouvernement a effectué sa rentrée. Son président en a d’ailleurs profité pour passer à de timides aveux. José Luis Rodriguez Zapatero, qui s’est évertué depuis le début à ne pas reconnaître l’ampleur de la crise, a reconnu que "les derniers chiffres du chômage [étaient] particulièrement préoccupants" * . Il a ajouté que "les prochains mois seraient difficiles" et que "la croissance de l’Espagne serait d’environ 1,6% en 2008 et de 1% en 2009", contre 3,7% en 2007. L’une des solutions apportées pour contrer un chômage grandissant a été une nouvelle politique d’immigration. Immigration contrôlée En 10 ans, la péninsule ibérique a atteint le plus fort taux d’immigration de l’Union Européenne, en accueillant 5 millions d’étrangers. Essentiellement employées dans le domaine de la construction, pilier de la croissance et aujourd’hui secteur le plus touché par la crise, ces populations sont les premières victimes. Dans son plan de lutte contre le chômage*, le gouvernement espagnol prévoit de ne délivrer aucun visa aux travailleurs étrangers sans qualifications. Il propose aussi un plan de départ volontaire, qui consiste pour les immigrés non ressortissants de la zone U.E, à rentrer chez eux en touchant l’indemnité chômage, et à ne revenir que trois ans plus tard, quand la situation économique se sera améliorée. Le PSOE paraît bien loin de la politique de régularisation qu’il avait adopté lors de son avènement, en régularisant 600.000 sans papiers. Rodolphe d’ARAGON. (www.lepetitjournal.com Madrid) lundi 15 septembre 2008 * 2,5 millions de demandeurs d’emploi en août, soit une hausse de 25% en un an. (Reuters) |