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TRANSPORTS - Le ras-le-bol des Argentins |
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lundi 08 septembre 2008 |
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Jeudi dernier, plusieurs rames de train ont été incendiées en banlieue de Buenos Aires, suite à un énième retard du véhicule. Le gouvernement dénonce des actes commis par l'extrême gauche mais sans pouvoir nier le ras-le-bol généralisé de la population. Le projet de TGV (marché remporté par Alstom) est remis en question
C’est la révolte sur les rails. Jeudi dernier, des voyageurs de la ligne Sarmiento ont mis le feu à huit rames de train dans les gares des villes de la banlieue de Buenos Aires, Merlo et Castelar. Chaque jour, ces trains qui relient la gare de Once à l'Ouest de la banlieue de la capitale transportent près de 370.000 personnes par jour. Depuis 2003, la ligne enregistre 20% de voyageurs supplémentaires sans que ses capacités n'aient été augmentées. Trains bondés, retard, matériel vieillissant et passagers parfois suspendus à demi dans les airs pour pouvoir voyager. Ce jeudi, ce matériel obsolète est tombé plusieurs fois en panne sur le même trajet, a accumulé les retards et les voyageurs en attente se sont accumuler sur les quais. Cette situation a déclenché la colère de groupes de passagers qui s'en sont pris aux bureaux de l'agent concessionnaire de la ligne avant de brûler les wagons.
Pas de TGV, mais un train pour tous "Sabotage!" accuse le gouvernement de Cristina Kirchner qui accuse les militants de gauche d'être à l'origine de ces violences et notamment ceux issus du parti du cinéaste et ex-candidat à la présidence Pino Solanas. Celui-ci a présenté, ce jeudi, son nouveau film documentaire intitulé La prochaine gare qui décrit le démantèlement des services du réseau ferroviaire argentin. Le ministre des transports attribue, lui, ces incidents à un conflit syndical avec le propriétaire de la société Trains de Buenos Aires, gestionnaire du service. Pino Solanas a répliqué fermement au gouvernement en menaçant de traîner le ministre de la justice, Anibal Fernandez, auteur de ces accusations, devant les tribunaux : "La meilleure condamnation pour lui serait le faire voyager un mois sur la ligne Sarmiento dans les mêmes conditions que les autres milliers de voyageurs. Le gouvernement veut détourner l'attention du centre du conflit: la destruction du système ferroviaire". Dans son film, Pino Solanas remet aussi en question le projet du TGV, déjà vivement critiqué par l'opposition, qui dénonce un projet pharaonique, et l'opinion publique. Ainsi, une pétition lancée par deux anciens cheminots de Rosario (no al tren bala, si al tren para todos - non au tren bala, oui au train pour tous) a réuni plus d’un million de signatures le mois dernier et, grâce à ce soutien populaire, présenté un contre-projet au Sénat. "Le TGV, personne ne l’a demandé. Tandis que beaucoup réclament un sustèm,e de transport dynamique et moins polluant que le camion pour relier les différentes provinces" expliquait l’un des deux frères au journal La Nación. Le maire de Buenos Aires, Mauricio Macri (droite), a demandé à Mme Kirchner d'annuler le projet de TGV et d'investir dans le réseau ferroviaire métropolitain. Le projet qui relierait les villes de Buenos Aires, Rosario et Cordoba est évalué à près de 3 milliard d'euros. Entériné en février dernier, il était au point mort suite à des difficultés de financement. Le remboursement de la dette de Paris, décision annoncée mardi par la présidente Cristina Kirchner, pourrait relancer le projet. Caroline BEHAGUE. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) lundi 8 septembre 2008
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