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Devant l’inefficacité totale de l’état d’urgence pour disperser les manifestants de l’APD, le Premier ministre envisage de révoquer la mesure. Pour la première fois ce week-end, des étudiants se sont joints aux protestations. Certains appellent au boycott des cours et des examens pour faire chuter Samak Alors que les manifestants de l’APD ont totalement ignoré les restrictions relatives à l'état d'urgence, l’armée a refusé d’utiliser les pouvoirs qui lui étaient conférés pour faire évacuer le siège du gouvernement (Photo LPJ Bangkok.com)
Moins d’une semaine après avoir instauré l’état d’urgence à Bangkok, le Premier ministre Samak Sundaravej envisage d’y mettre un terme dans les prochains jours. "Personne ne s’est plié au décret, je vais donc songer à le révoquer", a-t-il affirmé hier. L’armée a effectivement refusé d’utiliser les pouvoirs qui lui étaient conférés pour évacuer du siège du gouvernement les manifestants de l’APD (Alliance du Peuple pour la Démocratie). De leur côté, ces derniers ont totalement ignoré l’interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes. Samak Sundaravej a toutefois assuré dimanche qu’il était confiant dans le fait qu’il n’y aurait pas de nouveau coup d’Etat. Il prévoit d’ailleurs d’assister à la réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies prévue le 25 septembre à New York. Une situation qui n’est cependant pas sans rappeler les conditions dans lesquelles s’était déroulé le putsch de 2006 (voir notre article du 20 septembre 2006). Pour tenter de sortir de l’impasse politique, un médiateur a été désigné vendredi, en la personne de Prasopsuk Boondej, président du Sénat. Il devrait superviser aujourd’hui et demain des discussions entre le gouvernement et l’APD. Au sein du gouvernement, Saroj Chavanaviraj, devrait bientôt devenir le nouveau ministre des Affaires étrangères, dès que son nom aura reçu l’approbation royale. Ancien ambassadeur du royaume en France, il succèdera à Tej Bunnag, poussé à la démission la semaine dernière par diverses pressions. Les étudiants entrent en scène Sur le front des manifestants, la nouveauté de ce week-end est l’entrée en lice des étudiants, quasiment absents du mouvement jusqu’ici. Jeudi soir, deux étudiants de l’université Ramkamhaeng ont été blessés par balle alors qu’ils s’apprêtaient à manifester devant la résidence du Premier ministre. Le tireur, à moto, n’a toujours pas été identifié. Samedi soir, une marche a rassemblé environ un millier d’étudiants entre le pont Makkhawan et Democracy Monument. Un groupe se présentant comme les "jeunes de l’APD" a appelé au boycott des cours et des examens pendant trois jours à partir de mardi, pour pousser le Premier Ministre à démissionner. En revanche, la Fédération des Etudiants de Thaïlande, la plus grande organisation étudiante du royaume, exclut de soutenir l’APD. Elle juge anti-démocratique la proposition faite par les protestataires d’un Parlement élu à seulement 30%. "Cependant, le fait que l’APD exige la démission du Premier ministre ou la dissolution du Parlement, reste dans le cadre démocratique", a précisé Artef Sokho, le secrétaire général de la Fédération, au quotidien The Nation. Lire aussi notre Rappel des faits Emmanuelle MICHEL. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) lundi 8 septembre 2008 Cela fait presque deux semaines que les manifestants de l'APD campent devant le siège du gouvernement. Certains d'entre eux commencent à pâtir des mauvaises conditions sanitaires (Photo LPJ Bangkok.com)
Détérioration des conditions sanitaires dans le campement des manifestants.- Les supporters de l’APD qui campent depuis deux semaines devant le siège du gouvernement commencent à pâtir des mauvaise conditions sanitaires. Des odeurs d’urine flottent sur la pelouse, rendue très boueuse par les pluies diluviennes de ces derniers jours. L’humidité et le manque d’hygiène provoquent des rhumes et des maladies de peau en série. Les volontaires médicaux qui prennent soin des manifestants estiment qu’une centaine d’entre eux souffrent de la maladie du pied d’athlète. Un médecin estime de son côté à près de 3.000 le nombre de personnes souffrant de diverses affections, sur les quelque 5.000 manifestants. Beaucoup de protestataires n’ont pas pu se laver depuis le début du rassemblement, malgré l’installation de quelques douches de fortune et de toilettes mobiles. Le personnel médical sur place demande des donations de vêtements, de sous-vêtements et de médicaments contre les maladies de peau. E.M. (LPJ –08/09 2008) |