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Les acteurs du secteur du tourisme sont inquiets alors que la crise politique se prolonge. 14 pays dont la France ont diffusé des mises en garde auprès de leurs ressortissants concernant les déplacements vers la Thaïlande. Si la situation perdure, 20% des réservations prévues sur la haute saison qui démarre dans un mois pourraient être annulées selon les acteurs du secteur 14 pays dont la France ont diffusé des mises en garde auprès de leurs ressortissants concernant les déplacements vers la Thaïlande (Photo Jean-Louis Duzert)
Les arrivées de touristes étrangers à Bangkok sont en baisse de 30%, indiquait hier l’Association des agences de voyages thaïlandaises, imputant le phénomène à la proclamation mardi de l’état d’urgence dans la capitale thaïlandaise à la suite d’affrontements entre partisans et adversaires du gouvernement qui ont fait un mort et une quarantaine de blessés. 400 millions de manque à gagner par jour "L’aéroport international de Bangkok accueille en moyenne entre 8 et 10.000 visiteurs étrangers chaque jour, indique le président de l’association, Apichart Sankary, mais en ce moment, le nombre des arrivées est inférieur à la moyenne de 30%". Le déclin représente 400 millions de bahts par jour (environ 8 millions d’euros) de manque à gagner pour la Thaïlande, estime Apichart Sankary. Chaque jour en moyenne, le tourisme dans le pays génère environ 1,5 milliards de bahts de revenu, selon lui. L’industrie du tourisme représente 6% du PIB, et la Thaïlande visait cette année un revenu total d’environ 700 milliards de bahts (environ 14 milliards d’euros). Mais les acteurs du secteur craignent que la crise actuelle n’entraîne davantage d’annulations alors que la haute saison démarre en octobre. Le président du conseil du tourisme thaïlandais, Kongrit Hiranyakit, estime que si la crise se prolonge, les revenus du tourisme pourraient être plus de 10% inférieurs à l’objectif fixé pour 2008. Selon ses prévisions, 20% des réservations pourraient être annulées durant la haute saison si la situation ne s’améliore pas. Pire que le tsunami et le coup d'Etat en termes d'image Cité par le Bangkok Post ce matin, Kongkrit Hiranyakit estime carrément que la crise politique a fait davantage de tort au pays en termes d’image que le tsunami ou même le coup d’état de 2006. "Tout le monde a compris que le tsunami était une catastrophe naturelle, dit-il. (...) Mais la crise actuelle est différente, (…) [elle] montre une Thaïlande risquée, où les manifestants étendent leurs actions dans tout le pays, affectant directement les touristes (...)". Le weekend dernier, les manifestants antigouvernementaux ont fait fermer pendant deux jours trois aéroports clés pour le tourisme, bloquant plusieurs milliers de voyageurs. Les Chemins de fer dans le sud ont été quant à eux interrompus pendant une semaine. Selon Apichart Sankary, la seule fermeture de Phuket aurait causé des pertes équivalentes à 750 millions de bahts. Le taux d’occupation à Chiang Mai affiche seulement 30%, contre 50% habituellement à cette période de l’année, indique le président de l’association des hôteliers de Thaïlande, qui ajoute que 5 à 10% des événements à Phuket ont déjà été annulées, et à Bangkok, 20% pourraient l'être. Quoiqu'il en soit, le mouvement de protestation reste pour l'heure confiné au secteur du siège du gouvernement, proche cependant du quartier historique. Et si les images des affrontements violents de mardi ont marqué les téléspectateurs en Europe et ailleurs, leur laissant croire que le pays tout entier est en proie à la violence, à Bangkok comme dans la majeure partie de la Thaïlande, la vie continue normalement. Lire aussi les conseils de prudence de l'Ambassade de France à Bangkok Pierre Queffélec (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) vendredi 5 septembre 2008 Lire aussi l'article de Gavroche : Deux étudiants blessés par balle hier soir – L’appel au referendum du gouvernement rejeté par le P.A.D |