| Ecrit par Frederic Guitton,
le 05-09-2008 00:00
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Hier, Paris-Match a publié une interview exclusive de talibans responsables de l’embuscade du 18 août. Mais cette mise en avant des insurgés dans l’hebdomadaire provoque une vive polémique en France Vêtus des uniformes français pillés sur les corps des soldats tués, les talibans font cette semaine la Une de Paris-Match et se prêtent au jeu de l'interview (Paris-Match)
"Le poids des mots, le choc des photos" : le slogan de Paris-Match n’a peut-être jamais été aussi réel. Dans son édition d’hier, l’hebdomadaire publie une interview de talibans responsables de l’embuscade qui a fait 10 morts dans les rangs français (voir notre édition). Sur 10 pages, les journalistes Véronique de Viguerie et Eric de la Varenne détaillent la version d’un des commandants des insurgés : "L’embuscade n’était pas préparée, affirme le chef taliban. Nous avons juste été prévenus un peu avant l’attaque de la présence de soldats étrangers sur notre territoire. Ce n’était pas compliqué. Nous disposons de caches d’armes un peu partout. Nous étions positionnés avant qu’ils arrivent. Cent quarante combattants bien entraînés. Si la nuit n’était pas tombée, nous les aurions tous tués". Aussitôt après leur publication, ces propos ont déclenché une vive polémique en France, notamment du côté des familles des victimes. "Cela fait beaucoup de mal de voir ces assassins (...) parader avec les vêtements des enfants qu'ils ont tués", a déclaré le père d’un soldat, Joël Le Pahun. De son côté, le ministre de la Défense a mis en garde contre la "guerre de la communication que mènent les talibans". "Ils ont compris que l'opinion publique occidentale était probablement le talon d'Achille de la communauté internationale" a-t-il déclaré. La montre d’un soldat remise aux journalistes Si les propos des talibans semblent finalement contredire la version du Canard enchaîné, qui affirmait que plusieurs soldats avaient été capturés puis exécutés, il semblerait en revanche que les insurgés soient parvenus à récupérer certains corps de soldats français, qu’ils ont dépouillés de leurs armes, uniformes et effets personnels. Cette version des talibans, confirmée hier par le ministère de la Défense, explique pourquoi certains d’entre eux portent des équipements militaires français. L’un des talibans a même remis aux deux journalistes la montre d’un des soldats tués. Deux semaines après l’embuscade, la publication de cette interview ajoute donc de l’huile sur le feu du débat sur le déploiement français en Afghanistan qui occupe actuellement les médias. Mercredi, le Canard enchaîné pointait à nouveau du doigt le manque de préparation des soldats. Et la polémique semble ne pas avoir de frontières puisqu’en Belgique, une caricature défraie actuellement la chronique. Le dessin en question représente les cercueils des soldats tués portant la légion d’honneur, avec une légende faisant allusion aux JO : "même d'Afghanistan, les Français rentrent à la maison avec des médailles". Mais la blague belge n’est pas du goût du sénateur de Nouvelle-Calédonie Simon Loueckhote, oncle d’une des victimes, qui a demandé à Nicolas Sarkozy d’entreprendre des poursuites judicaires pour diffamation et injure. Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) vendredi 5 septembre 2008 En savoir plus : Paris-Match - Exclusif : nos journalistes ont retrouvé les talibans qui ont abattu les dix soldats français Le Figaro - Les familles et l'armée sous le choc des photos d'Afghanistan Le Monde - Embuscade en Afghanistan : un rapport met en cause l'état-major LCI - Embuscade en Afghanistan : la caricature qui dérange
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