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ROMAN – Julien Almendros et sa mater humorosa |
| Ecrit par Betty Ruby,
le 05-09-2008 00:00
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Pour ouvrir la nouvelle saison de conseils de lectures, voici un minuscule mais vrai coup de cœur. Vue sur ma mère, le premier roman de Julien Almendros, est un petit bijou d’humour bien pensé. Que tous les adultes le lisent pour l’offrir sans arrière-pensée à leur ordinaire maman
On peut démarrer septembre en se ruant sur les blockbusters littéraires annoncés (voir la revue que nous en avons faite la semaine dernière ) ou choisir de laisser un peu le temps à l’affolement médiatique de se désaffoler, pour se concentrer sur une valeur sûre : Vue sur ma mère, un petit premier roman jubilatoire. Les éditions du Dilettante ont mesuré les promesses de Julien Almendros, un trentenaire avignonnais qu’elles ont encadré d’une belle mise en avant – la photo de couverture et la bio de l’auteur retiennent l’attention. Quant à la 4e de couv, laconique mais alléchante, elle révèle bien le ton à venir "je suis né le cordon ombilical autour du cou, un premier bijou qui déjà, avait l’avantage de n’être pas très onéreux." La maman du narrateur est en effet économe. Et ce n’est pas là son moindre avantage. Pourtant cette famille qui compte aussi un père, un frère, et un chien est une famille actuelle tout ce qu’il y a de plus normal. Sans névrose particulière, drame romanesque, déchéance sociale ni secret latent, elle traverse un quotidien ordinaire à qui seul le sens de l’observation de Julien donne tout son éclairage.
Aimer à perdre la raison Le talent d’Almendros ne s’appuie pas sur des effets de style, ou sur de l’humour de situation, mais sur une implacable construction. Bien sûr il tient son personnage, en l’occurrence la mère, mais il n’en fait pour autant pas un traité actuel des conditions mère-fils, ni une vengeance personnelle, ni même une thérapie. Son écriture a ça de singulier qu’elle raconte des choses de rien, en respectant la chronologie et la forme narrative –malgré un court passage vers le théâtre aussi à propos que désopilant, et sans basculer dans l’émotion. Son histoire avec sa mère n’a en effet rien d’exceptionnel, sa manière de la raconter oui. Peu importe d’ailleurs si ça relève de l’autobiographie, de l’autofiction, ou de la pure fiction : lire Vue sur la mère dégage l’horizon. Toutes les mères qui n’ont rien de particulier reconnaîtront leurs travers dans cette chronique d’un amour aussi puissant qu’infernal. Et tous les adultes ayant une mère aimante se feront une joie de le leur offrir. Betty RUBY. (www.lepetitjournal.com) vendredi 5 septembre 2008
Vue sur la mère, Julien Almendros, Le dilettante, 128p, 14 €
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