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SOCIETE – Le cancer tout sauf démocratique |
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mercredi 03 septembre 2008 |
Une étude montre qu’on n’est pas tous égaux face au cancer. Ainsi les hommes sans diplôme ont plus de risques de mourir d’un crabe que les femmes à plus haut niveau d’éducation. Depuis 40 ans, le poids des inégalités sociales en France accentue la surmortalité de certaines populations
Comme la tuberculose en son temps, il semble que le cancer et son taux de guérison soient aussi liés aux conditions sociales des malades. Parues hier dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'Institut de veille sanitaire, les conclusions d’une vaste étude confrontent les données du recensement aux causes médicales de décès. Elles montrent que plus on est riche et diplômé, moins on a de risque de mourir prématurément de cancers. Ainsi, les ouvriers entre 30 ans et 64 ans ont deux fois plus de risques de mourir d'un cancer de la bouche, du larynx, du pharynx ou de l'œsophage que les cadres et les professions libérales. Tous les résultats confondus sont en hausse constante depuis 30 ans. Cette inégalité face au cancer ne tient donc pas que de la fatalité, mais aussi du milieu social où notamment la consommation conjointe de tabac et d'alcool sont des facteurs de risque. C’est d’ailleurs pour les cancers broncho-pulmonaires et ceux des voies aérodigestives supérieures (larynx, pharynx, cavité buccale), qu’on observe un risque de mortalité trois à quatre fois supérieur pour les plus bas niveaux d'études –chez les femmes aussi.
Un choix politique En parallèle, les cancers du côlon, du pancréas et de la vessie sont répartis plus démocratiquement au sein des populations. Mais mieux dépistés aussi. D’ailleurs l’étude s’attarde sur le cancer du sein : les femmes ayant une position sociale élevée y sont le plus exposées mais ont les meilleurs taux de survie. En effet, si l’âge précoce de première grossesse et un nombre élevé des grossesses sont des facteurs protecteurs vis-à-vis de ce cancer, les femmes des milieux sociaux les plus favorisés bénéficient davantage que les autres des campagnes de dépistage et ont plus aisément accès aux soins spécialisés. "Le phénomène que nous analysons se caractérise à la fois par l'importance des inégalités sociales concernant la mortalité par cancer et l'accroissement de ces inégalités au cours du temps, explique une des auteurs, Gwenn Menvielle au Monde. Nos résultats soulignent l'ampleur et l'actualité de ce problème en France". Elle souligne qu’un tel phénomène doit être pris en compte par une politique de santé plus ciblée et mieux partagée par tous les groupes sociaux. Anne LAPIERRE. (www.lepetitjournal.com) mercredi 3 septembre 2008
En savoir plus Le Monde - Mortalité par cancer : les inégalités sociales ont augmenté en France Le Figaro - Le risque de mourir d'un cancer est plus grand chez les hommes non diplômés Le bulletin épidémiologique hebdomadaire - Inégalités sociales de mortalité par cancer en France : état des lieux et évolution temporelle
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