| Ecrit par Marie-Adeline LE GUENNEC,
le 24-09-2008 00:00
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La bretonite est arrivée en Allemagne ! Les symptômes ? Une surconsommation de beurre salé, une prédilection pour les ajoncs et le crachin, et une violente envie de battre la mesure aux premières notes d’un pilé menu. Portrait d’une des premières victimes de ce mal étrange… Le 2e Green Farm Festival à Hallbergmoos a eu lieu près de Munich du 20 au 22 juin 2008 (photo. Willi Rodrian. http://www.breizh.de)
Rien ne prédisposait Wilhem Rodrian à attraper le virus de la Bretagne. C’est en effet complètement par hasard que ce Munichois s’est retrouvé à Quimper, à la fin des années des années 70. De banales vacances estivales se transforment en choc culturel : la lande, les embruns, le vent… Willy est sous le charme. C’est aussi l’époque où la Bretagne redécouvre ses racines. Des passionnés un peu fous partent alors à la recherche des mélodies, des pas de danses, des contes et légendes, bref de leurs origines. Willy rentre en Allemagne avec une cassette d’Alan Stivell sous le bras : le mal est fait, il est contaminé.
Quinze ans plus tard… Mais l’incubation est lente, si lente qu’il faudra quinze ans pour que la maladie se déclare dans toute sa violence. C’est sa formation d’ethnologue qui ramène Willy à la Bretagne puisqu’en 1995, il se lance dans un projet d’étude sur la musique bretonne : "Bretagne, identité, musique et culture". Des artistes bretons le contactent, des amitiés se nouent ; c’est l’époque où la fièvre celte frappe l’Europe, et Willy décide de tenter l’aventure. Internet, bombarde et biniou En 1998, il crée une émission consacrée à la musique bretonne sur Radio Lora à Munich ; le succès est immédiat, mais Wilhem Rodrian n’entend pas en rester là. Deux ans plus tard, flairant le phénomène Internet, il lance le site breizh.de. De simple gageure, cette "tête de pont" de la culture bretonne en Allemagne est devenue une véritable entreprise, Tradutrad. L’objectif de Willy ? Comme il l’affirme sur le site, il veut "faire la promotion de la musique bretonne en Allemagne, en proposant aux maisons de disques bretonnes d’être leur ambassadeur là-bas, d’organiser des concerts et des tournées d’artistes bretons outre-Rhin […]. Depuis les années 70, les Allemands sont très demandeurs". Le site, très complet , est un véritable panorama de l’actualité bretonne : musique bien sûr, mais aussi manifestations, chroniques, interviews… Prochain défi : organiser un fest-noz dans la capitale de la bière. Les Allemands se laisseront-ils gagner par la fièvre de la gavotte ? Attention, la bretonite, c’est contagieux… Marie-Adeline LE GUENNEC (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mercredi 10 septembre 2008 www.breizh.de www.tradutrad.de
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