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Récompensé par la Palme d’Or 2005, le nouveau long-métrage des frères Dardenne confirme leur affection pour la chronique sociale. Aussi humaniste qu’impitoyable, L’enfant nous raconte le parcours d’un petit malfrat qui s’exerce à la paternité.
Anciens auteurs de documentaires, les frères Dardenne ont imaginé L’enfant à partir d’une scène de rue : celle d’une jeune fille poussant un landau. "Elle ne semblait pas avoir de destination, juste marcher en poussant le landau. Souvent, nous avons repensé à cette jeune femme, à l’enfant endormi, et à celui qui n’était pas là, le père de l’enfant", expliquent-ils.
Ce père absent, les cinéastes lui donnent les traits de Bruno (Jérémie Renier), jeune homme de 20 ans qui vit de petits trafics. Lorsque sa fiancé, Sonia (Deborah François), donne naissance à leur fils, Bruno fait preuve d’une indifférence totale. Obsédé par l’argent facile, il décide de vendre le nouveau né. Par peur de perdre l’amour de Sonia, il tente pourtant de revenir en arrière. Mais l’engrenage est lancé…
Un enfant a tout prix
Les Dardenne proposent un cinéma sobre, qui donne à voir des destins pathétiques sans la moindre complaisance. Caméra au poing, ils filment ce jeune homme aussi monstrueux qu’innocent. Le style Dardenne est au fond un œil humaniste sur une réalité brutale, l’esthétique du cinéma plaqué à l’authenticité des situations.
Les frères Dardenne réussissent avec L’enfant un pari difficile : nous faire aimez un personnage capable d’un acte aussi cruel que celui de vendre son fils. Pire : ils réussissent à le justifier en faisant de lui le véritable "enfant" de ce très beau film.
Sarah PAROT. (LPJ) 25 novembre 2005
El Niño (L’enfant). Belgique- France, 2005. De Jean-Pierre et Luc Dardenne. Avec Jérémie Renier et Déborah François - 1h36 |