Louise Brown, premier bébé-éprouvette au monde, a fêté ses 30 ans cet été. Quelques mois après sa naissance, l’Inde suivait la Grande-Bretagne avec sa première FIV. Aujourd’hui, l’ancienne colonie devient la destination de prédilection du tourisme procréatif britannique
En Europe, de plus en plus de candidats à la fécondation in vitro se rendent dans des pays voisins pour profiter de règles différentes concernant la congélation des embryons ou encore la rétribution des dons. Législation plus souple et dons facilités, ces mêmes facteurs poussent les Britanniques vers l’Inde.
Cette destination dispose en plus d’un atout non négligeable : des prix défiant toute concurrence. Une simple recherche sur Google permet d’accéder à de nombreuses cliniques spécialisées en fertilité.
The Guardian (30 juillet 2008) a publié un long article de Raekha Prasad qui illustre cette tendance. L’auteur donne l’exemple d’Ekaterina Aleksandrova, 42 ans, célibataire, qui a acheté du sperme online auprès d’une banque de sperme à New York. Elle s’est ensuite rendue à Mumbai pour 1.600 livres tout inclus, où elle a bénéficié d’un don d’ovocytes. Sa donneuse indienne a été payée 500 livres. En Grande-Bretagne, Ekaterina aurait attendu longtemps et payé 7.000 livres. Surtout, on ne lui aurait pas implanté plus de deux embryons, alors qu’elle en a reçu cinq en Inde.
Mère à 59 ans
L’age constitue un autre facteur qui attire les Britanniques en Inde, aucune limite n’étant inscrite dans la loi. En juillet, une Indienne de 70 ans a accouché de jumeaux, devenant la plus vieille mère du monde. Dans le centre de l’Angleterre, des jumelles sont récemment nées d’une mère de 59 ans, qui avait été suivie en Inde.
En Grande-Bretagne, depuis 2005, les enfants conçus grâce à des donneurs ont le droit de connaître l’identité de leurs parents biologiques à 18 ans. En Inde, les dons restent complètement anonymes.
Le développement du tourisme médical de reproduction pose de nombreux problèmes éthiques, mais également de santé, que ce soit pour les candidats à la FIV ou pour les donneurs. On a notamment constaté une dangereuse augmentation des doses d’hormones pour stimuler les donneuses.
Corentine GASQUET. (www.lepetitjournal.com - Londres) mercredi 1er octobre 2008
A lire
- The fertility tourists, The Guardian, Raekha Prasad, 30 juillet 2008
- Experts say reproductive tourism a growing worry, Reuters, 24 juillet 2008
- L'Europe fait face à un "tourisme médical"de la reproduction, Le Monde, 4 avril 2007
- A 70 ans, une Indienne devient la plus vieille mère du monde, Libération, 9 juillet 2008
A consulter
European society for human reproduction &embryology
Site : www.eshre.com
Une conférence a eu lieu à Barcelone en juillet 2008