| Ecrit par Aurélie Tolat,
le 02-09-2008 00:00
|
|
10 hôpitaux de l'Etat de São Paulo ont ouvert leurs portes aux indiennes prêtes à accoucher dans le but de réduire la mortalité des nourrissons, très élevée dans la communauté indigène. Un programme spécial élaboré dans le respect des traditions a été mis en place par le gouvernement Les 10 hôpitaux récemment ouverts dans l'Etat de São Paulo assurent le respect des coutumes ancestrales des communautés indiennes (Photo : Elza Fiúza/ABr/)
Dans le seul Etat de São Paulo sont recensés 2.500 indiens, regroupés dans 15 tribus en majorité Guaranies. Pour les femmes de ces communautés, donner la vie à un bébé implique des rites bien précis : tout d'abord, après l'accouchement, il est nécessaire d’enterrer le placenta maternel en terre fertile pour garantir un bon rythme de vie au nouveau venu. Ensuite, juste après avoir accouché, la mère ne peut consommer que du poulet fraîchement abattu, du riz, des céréales et du maïs. Auparavant, beaucoup d’indiennes refusaient de se rendre à l'hôpital où ces traditions post-natales considérées comme indispensables à la vie future du nourrisson ne pouvaient être suivies. Les centres hospitaliers se sont donc adaptés aux coutumes spécifiques de ces mères. En premier lieu, les indiennes, ne maîtrisant pas toujours le portugais, sont autorisées à être accompagnées par d'autres membres de leur village. Après l'accouchement, l'hôpital délivre le placenta dans un récipient approprié, facilitant le transport. Concernant le régime alimentaire particulier, il est dès aujourd'hui respecté à la lettre. Augusta Sato, coordinatrice du Peuple Indigène du Secrétariat de l'Etat et de la Santé, explique les raisons de ces changements : "Ce sont les indiennes qui ont fait cette demande. Avec 80% des femmes enceintes qui donnent la vie dans des villages, ces accouchements font partie de nos préoccupations. Cette revendication ne pouvait venir que d'elles".
Agir contre le décès des nourrissons Dans la communauté guaranie, le taux de mortalité infantile est de 48 pour 1.000 femmes, alors qu'il est presque 2 fois inférieur dans le reste du pays (28 pour 1.000). Les risques sont dus principalement à la promiscuité des accouchements dans des villages, mais aussi au jeune âge des femmes concernées, qui ont entre 16 et 18 ans. Alors comment s’est fait le choix de ces 10 hôpitaux ? Le Projet de Réappropriation de la Médecine Traditionnelle de la Population Indigène les a sélectionnés en fonction de la situation géographique des villages indiens. La majorité des centres se trouvent sur le littoral, 2 sont situés dans la ville de São Paulo, et 2 autres dans l’intérieur. Cette intervention de l'Etat de São Paulo, unique au Brésil, devrait aider les futures mères guaranies à vivre leur grossesse dans de meilleures conditions, tout en assurant le respect de leur coutumes ancestrales. Enfin, cette mesure apportera les soins médicalisés aux nouveau-nés et à la mère, pour dans certain cas, éviter le pire. Aurélie TOLAT. (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mardi 2 septembre 2008
|