Le classement annuel des centres hospitaliers français vient d’être publié par Le Point. En plus de mesurer la compétence de chaque établissement, l’étude révèle les failles et les faiblesses d’un secteur en crise
Cette année, ce sont les médecins des CHU de Toulouse et de Lille qui tirent leur épingle du jeu (photo AFP)Alors que Nicolas Sarkozy doit présenter dans les prochains mois la tant attendue réforme de l’hôpital, Le Point vient de dresser son 12e classement des 50 meilleurs établissements hospitaliers français, notés en fonction de la qualité des soins pratiqués. Et pour certains, le résultat de l’examen n’est pas très brillant, à l’image de l’hôpital Necker à Paris ou du CH de Pontoise (Val-d’Oise) bon derniers du palmarès. En revanche, la palme est attribuée cette année au CHU de Toulouse et celui de Lille, à égalité en nombre de points.
Pour réaliser cette évaluation, l’hebdomadaire s’appuie sur les résultats d’un questionnaire adressé à 700 établissements, mais également sur une base de données de plus de 15 millions de dossiers anonymisés, concernant les patients hospitalisés dans l’année dans le secteur public. A partir de ces informations, les établissements ont été classés en fonction de la quantité d’actes réalisés en un an, de la rapidité et de la qualité des interventions, ou encore de la notoriété de l’hôpital, jugée en prenant en compte le nombre de patients soignés dans un établissement alors qu’ils habitent dans un autre département.
Des déficits financiers croissants
En plus de ces différentes notations, Le Point dresse aussi un bilan plutôt critique du secteur hospitalier en France. Le magazine révèle ainsi que le développement des centres hospitaliers est souvent freiné par les dissensions entre les élus locaux, les médecins et les syndicats. Plus grave, l’analyse pointe également du doigt le déficit financier de la plupart des établissements. Ainsi, malgré sa position en tête du classement, le CHU de Lille présente un déficit de plus de 15 millions d’euros pour 2007, tandis que le centre de Nice fait face à un manque de 36,4 millions d’euros !
Parmi les causes de ces déficits, Le Point révèle des dépenses en personnel de plus en plus importantes. Car face à la pénurie de médecins qui s’accentue de jour en jour, les hôpitaux doivent désormais faire appel à des médecins intérimaires, surnommés "mercenaires", qui n’hésitent pas facturer leurs services jusqu’à 5 fois le tarif réglementaire. Et ce recours à un personnel temporaire se ressent malheureusement aussi en terme de compétence. Ainsi le Dr Michel Lévy affirme que parmi ces médecins intérimaires, "il y a de tout, des bons, mais aussi des branquignols !"Autant dire qu’avec son analyse, Le Point ne se prive pas de tirer sur l’ambulance.
Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) lundi 1er septembre 2008