Le coin DVD par Gérard CAMY
Après la chanteuse Katie Melua, les Editions Bach Films célèbrent Mary
Pickford, «La petite fiancée de l’Amérique»
“Mary Pickford used
to eat roses, Thought that they’d make her beautiful and they did, One
supposes.” chante merveilleusement Katie Melua dans «Pictures», son dernier
album, sortant ainsi de l’oubli cette immense star d’Hollywood. Dans la foulée,
les éditions Bach Films (ne pas confondre avec BAC Films) qui avaient exhumé
plusieurs films de Cecil B. De Mille en 2007, continuent aujourd’hui leur
exploration du cinéma muet américain avec douze longs métrages tournés entre
1918 et 1926 par la juvénile et si jolie Mary Pickford (1893-1979)
De son vrai nom Gladys Louise Smith, elle naît à Toronto et
commence sa carrière cinématographique dès 1909 devant la caméra de David Wark
Griffith. C’est d’ailleurs lui qui en fit une vedette de l’écran. Dix ans plus
tard, la star ajoute une corde à son arc en fondant avec Charles Chaplin et
Douglas Fairbanks qu'elle épouse en 1920 « United Artists », une société de
production à succès. Et si la fin du cinéma muet fut fatale à sa carrière
d'actrice récompensée quand même par un Oscar en 1929 pour son rôle dans Coquette de Samuel Taylor, elle restera à la fois une comédienne
géniale et une femme d’affaires redoutable, la première véritable « étoile » du
septième Art et la femme la mieux payée du cinéma muet. Pour la première fois au
monde, une collection DVD lui rend hommage. Cet
ensemble de douze films est absolument remarquable et permet une réelle
connaissance de son travail, de ses qualités, de sa personnalité. Le risque pris
par Bach Films est réel car, ce travail « d’archéologue » n’est pas souvent
récompensé par des ventes spectaculaires. Souhaitons pourtant que la curiosité
l’emporte chez les lecteurs cinéphiles. Ils n’auront alors que du bonheur. La
beauté des images presque carrées du cinéma muet, les scénarios aux
rebondissements multiples, la naïveté délicieuse de certaines situations… et
Mary Pickford, belle, lumineuse, omniprésente… Dans son livre « The Parade's
gone by », Kevin Brownlow insiste sur l'importance de Mary Pickford. Pour lui,
Chaplin symbolisait la comédie et Mary Pickford le drame. Les personnages joués
par Mary Pickford étaient en effet régulièrement victimes de destins malheureux.
Petite fille déterminée, aux boucles blondes, qui défendait les pauvres
et les défavorisés ou jeune fille orpheline
détestée par sa famille, elle aimait ses êtres sans le sou qui pourtant
faisaient face à l'adversité et en triomphaient. Mary Pickford, surnommée « la
petite fiancée de l'Amérique », représentait bien, dans une Amérique qui allait
subir une crise économique sans précédent, la volonté farouche de ne jamais
céder au désespoir. A ce titre, Sparrows de William Beaudine
dans lequel Mary Pickford défend un groupe d'orphelins contre des crocodiles et
un ignoble vieil homme (Gustav Von Seyffertitz) qui annonce l’inquiétant pasteur
(Robert Mitchum) de La Nuit du chasseur de Charles Laughton,
est sans aucun doute le plus étonnant des 12… A ne rater sous aucun prétexte.
Les 12
DVD :
Chacun des DVD
comprend le film, une présentation sérieuse et bien documentée de Patrick Brion,
créateur du « Cinéma de minuit » sur France 3 et d’un court métrage du début de
sa carrière lorsqu’elle travaillait pour David Griffith. Dans le DVD Tess au pays des tempêtes, le court métrage est remplacé par un
solide documentaire de 26 minutes sur le couple
Pickford-Fairbanks
M'Liss de Marshall Neilan
(1918)
Ed. Bach
M’Liss tombe
amoureuse de son professeur Charles Gray. Accusé à tort d’un crime, il se défend
avec l’aide de la jeune et jolie demoiselle. Pourra-t-il échapper au lynchage
que lui promettent les habitants de la petite bourgade ?
A chacun sa vie de Marshall Neilan
(1918)
Ed. Bach
Films
Amarilly
travaille dans un pauvre bar avec son petit ami Terry dans la petite ville de
Clothes-Line Alley. Sa rencontre avec Gordon, un sculpteur issue de la haute
bourgeoisie, va changer sa vie.
Papa-Longues-Jambes de Marshall Neilan
(1919)
Ed. Bach Films
Mary Pickford joue ici une orpheline qui tombera amoureuse de son
bienfaiteur et sauveur.
La Fille des mont de Joseph De Grasse &
Sidney Franklin (1919)
Ed. Bach
Films
Un rôle plus sérieux pour Mary Pickford qui incarne
une femme prête à tout pour venger la mort de son père. Dans les montagnes du
Kentucky le pouvoir et la mort rôdent
Suds de John Francis Dillon (1920)
Ed. Bach
Films
L’action se
déroule dans un Londres inquiétant où plane l’ombre des romans de Dickens. Ici,
Amanda rêve de pouvoir s’élever socialement pour conquérir le cœur de celui
qu’elle aime... un des clients de la lingerie où elle
travaille.
Le petit Lord Fauntleroy d’Alfred Green &
Jack Pickford (1921)
Ed. Bach Films
Unique héritier d’une grande fortune, le petit Cédric doit se rendre
avec sa mère en Angleterre pour y rejoindre son grand-père. Il doit alors se
confronter à une nouvelle vie...
Mary Pickford joue deux rôles,
celui du petit garçon et celui de sa mère.
Le signal de l’amour de Frances Marion
(1921)
Ed. Bach
Films
Installée dans un petit village côtier en Italie, Angela
attend le retour de ses frères partis se battre sur le front. Elle sauve et
soigne un naufragé dont elle va tomber amoureuse. Mais lorsqu’elle apprend la «
terrible » vérité, Angela devra alors choisir...:
Par l’entrée de service d’Alfred Green &
Jack Pickford (1921)
Ed. Bach Films
Tess au pays des tempêtes) de John S
Robertson (1922)
Ed. Bach Films
Mary Pickford joue ici une jeune fille vivant parmi
une communauté de squatters. Sa beauté attise les convoitises ;Lorsque la riche
famille Graves rachète le terrain, les tensions s’enveniment.
La petite Annie de William Beaudine
(1925)
Ed. Bach
Films
Dans les
quartiers pauvres de New-York, Joe Kelly est accusé du meurtre du père de la
petite Annie dont elle est secrètement amoureuse...
Le nom de la
scénariste Katherine Hennessey est en fait un pseudo de Mary Pickford en hommage
à sa grand-mère maternelle !
Sparrows de William Beaudine (1926)
Ed. Bach
Films
Une orpheline
protège un groupe d’enfants abandonnés et séquestrés par un couple de fermiers
prêts à tout pour en tirer le maximum de profit.
A la siute d’une mésentente entre Mary Pickford et
William Beaudine, c’est finalement un de ses assistants, Tom McNamara, qui
finira le film.
La petite vendeuse de Sam Taylor (1927)
Ed. Bach
Films
Fils d’un millionnaire, Joe Merrill veut prouver
qu’il peut réussir sans l’aide de son père. Un jour, il tombe amoureux d’une
jeune femme, Maggie Johnson, qui travaille dans un de ses
magasins&ldots;.cette idylle sera-t-elle possible alors que sa famille à
déjà prévu de le marier à une femme appartenant à la haute bourgeoisie ?