| Ecrit par Frederic Guitton,
le 28-08-2008 00:00
|
|
Nicolas Sarkozy doit annoncer aujourd’hui l’instauration d’un nouveau prélèvement sur les revenus du capital. Approuvée par le PS, cette taxe de 1% devrait permettre le financement du revenu de solidarité active Le RSA, proposé par Martin Hirsch pour encourager la reprise du travail, a souvent été au centre des polémiques en raison de son budget conséquent (photo AFP)
La solidarité a un prix. 1,5 milliard d’euros, c’est le coût annuel du projet de revenu de solidarité active (RSA) proposé par Martin Hirsch, Haut Commissaire aux solidarités actives. Et pour trouver cette somme, Nicolas Sarkozy doit annoncer aujourd’hui, à Laval (Mayenne), l’instauration d’une toute nouvelle taxe. Il s’agirait, selon le quotidien Les Echos, d’un prélèvement de 1% appliqué sur les revenus du patrimoine, comme les revenus fonciers, mais également sur les différents placements tels que l’assurance-vie. Cette taxe, qui s’ajoutera aux 11% de prélèvements déjà existants, devrait permettre d'engranger 1,4 milliard d’euros sur les revenus de 2009. Aussitôt après cette annonce, le PS par la voix de François Hollande s’est réjoui de cette mesure : "S'il doit y avoir des financements pour le RSA, qu'ils soient pris sur ceux qui ont le plus me paraît légitime" a-t-il affirmé, encourageant même le président à "tenir bon". De son côté, le président du PS à l’Assemblée Nationale Jean-Marc Ayrault a affirmé que les socialistes étaient "prêts à soutenir" ce projet, à condition qu’il n’entraîne pas d"augmentation de charges pour les collectivités locales". Et si le PS est aussi ravi de cette mesure, c’est avant tout parce que le RSA devait à l’origine être financé par une baisse de la prime pour l’emploi.
Le budget du RSA déjà revu à la baisse Initié par Martin Hirsch, le revenu de solidarité active vise à remplacer le RMI et l’Allocation parent isolé pour inciter à la reprise du travail, en assurant un salaire supérieur aux revenus d’assistance. Mais le financement de cette mesure inédite est au cœur d’un débat houleux depuis plusieurs mois. Car selon son initiateur, le RSA nécessiterait un budget de 2 à 3 milliards d’euros. En avril, Nicolas Sarkozy avait finalement statué sur un budget réduit à 1,5 milliard d’euros, financé par une baisse de la prime pour l’emploi. Aujourd’hui, le Président devrait donc faire marche arrière, en instaurant un nouveau prélèvement sur le revenu du patrimoine, et en "gelant" provisoirement les revenus de la prime pour l’emploi en 2009, année de la généralisation du RSA. Mais l’annonce d’une nouvelle taxe pourrait bien décevoir une large partie de la majorité au pouvoir, favorable à l’inverse à une baisse des prélèvements obligatoires. Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) jeudi 28 août 2008
En savoir plus : Les Echos - Minima sociaux : le gouvernement va taxer les revenus du capital pour financer le RSA Le Monde - Un signal à double tranchant pour toute la politique sociale Le Figaro - Taxe RSA : la droite dubitative, la gauche favorable
|