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AVENTURE - Les péripéties d'une Française au Caire [3] Suggérer par mail
lundi 25 août 2008

Vous qui lisez ces lignes, vous avez tous surement vécu ça un jour : vos "premières fois" Cairotes, les premiers jours, baignés de dépaysement, rendus souvent difficiles par la barrière du langage. Je suis arrivée au Caire dimanche 3 août, je compte rester un mois. Je vous propose de partager avec vous mes premières impressions, qui vous rappelleront peut-être des souvenirs ou vous permettront de découvrir sous un autre angle ce pays qui est désormais le vôtre

(photo LPJ)

Pyramides de Guizèh : merveille du monde, business de l'homme
3e jour en Egypte, direction : les Pyramides de Guizèh ! Symboles inégalables, véritables porte drapeau du pays sur tous les continents, je n'imaginais pas que ces merveilles étaient aussi proches de la ville.
Une demi-heure de voiture depuis Le Caire, sans embouteillage, et nous voilà au pied de l'une des constructions les plus impressionnantes du monde. 
Une nouvelle fois, le tarif pour moi, occidentale, sera cinq fois plus élevé… Ça ne m'étonne même plus ! Nous sommes partis de bonne heure, la foule n'est pas encore trop présente, nous arrivons donc rapidement sur le site. 
Et le spectacle est à en couper le souffle. Mon étonnement de petite fille fera peut-être rire les habitués, mais je pense que rares sont ceux qui n'ont pas réagi comme moi en découvrant ce lieu pour la première fois.
Alors oui, j'avoue, j'ai eu moi aussi mon "quart d'heure touriste", mitraillant chaque recoin de la pyramide avec mon appareil photo, comme pour m'approprier un instant un grain de cette montagne éternelle.

Des négociations incessantes !
On nous avait conseillé de faire le tour du site en cheval ou en chameau. Il n'aura pas fallu longtemps pour qu'un local nous propose ses services. Mes deux amies syriennes s'occupent des négociations. Et après 10 minutes d'exclamations et de discussions, elles m'annoncent qu'on doit payer 60 livres pour un tour d'une heure. Aussitôt le guide s'empresse d'ajouter a mon attention, dans un anglais approximatif que si j'avais été toute seule ou seulement avec des Français, ca aurait été plus cher. 
Tous en selle, je me voyais déjà partie, mais non… Le guide nous annonce qu'il faut maintenant payer 60 livres de plus pour les deux guides. Tiens, c'est un paiement échelonné ? Je ne savais pas ! Bref renégociations… finalement on rajoute 10 livres chacune. 
Ouf, cette fois, c'est la bonne ! On va enfin pouvoir profiter du spectacle. Malgré toute leur bonne volonté, difficile de comprendre l'anglais de nos guides… Juste assez pour saisir le nom des pyramides : Kheops, Khephren, Mykérinos… Elles n'ont pas volé leur titre de merveilles du monde ! 
Au fil de la ballade, nos guides jouent aux parfaits accompagnateurs de touristes, nous faisant prendre des photos à la limite du burlesque : "une main levée pour faire semblant de toucher la pyramide", etc... 
La fin de l'escapade approche : pour la dixième fois, nos guides nous demandent si on est "happy", précisant que si on est "happy", ils sont "happy". Mais visiblement, notre "hapiness" ne leur suffit pas : avant de nous quitter, ils nous demandent "Bakchich". Encore ?! On aurait dû s'en douter ! Mais peut-on vraiment refuser ? Une dernière fois, on leur donne 20 livres chacun, et sans attendre une quatrième facturation on descend de nos montures.

(photo LPJ)

Un fossé sépare les vendeurs égyptiens des touristes 
Aussitôt, un nouvel accostage : un petit vendeur nous propose des pyramides miniatures. On s'approche du sphinx, un second nous propose des sacs ornés de hiéroglyphes, puis un troisième, un quatrième … Bien sûr, ma première réaction est de trouver tous ces accostages agaçants, mais en même temps, j'essaie de me mettre à leur place. Ils vivent de ce qu'ils vendent, mais s'ils ne vendent rien comment vivent-ils ? Des hommes, des femmes, et même des enfants passent leur journée à essayer d'arracher quelques pounds à des touristes trop occupés à visiter pour se rendre compte de la situation. Ici, merveilles du monde et pauvreté humaine se mélangent dangereusement. Le décalage est tel qu'il me met mal à l'aise. 
Quel regard dois-je porter sur cet univers ? Celui de la touriste émerveillée ? Celui de la jeune femme touchée ? Celui de la journaliste stagiaire interpellée ? 
Jessica BISSAY. (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) lundi 25 août 2008

 
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