Trois ensembles constituent le système bancaire norvégien marqué par une forte utilisation des services électroniques que ce soit pour la gestion des comptes ou les modes de paiement. Paul-François Gauvin, Directeur de BNP Paribas en Norvège, nous décrit les grandes lignes du secteur. Rencontre
Nordea et DnB NOR contrôlent une large part du marché des particuliers (Photo : T.G. SoKT)
Quelles sont les particularités du secteur bancaire norvégien ? Paul-François Gauvin : Dans les grandes lignes les fondamentaux sont les mêmes. Il faut savoir que les banques sont aujourd’hui régulées par des règles largement européennes sinon mondiales. Et les directives européennes du domaine bancaire sont appliquées par la Norvège. Quelle est sa structure ? Elle est propre à la Norvège. On distingue trois ensembles. Deux grandes banques nationales qui contrôlent une large part du marché des particuliers DnB NOR et Nordea. DnB NOR est la fusion de deux grandes banques norvégiennes, quant à Nordea, c’est un des exemples assez rares de grande banque régionale à la fois suédoise, danoise, finlandaise et norvégienne. Les deux réunies totalisent, selon les segments, de 60 à 70% du marché. Vient ensuite un ensemble important de caisses d’épargne (sparebanken) présentes parfois uniquement dans une ville ou dans un petit district. Ceci correspond assez bien à l’organisation territoriale de la Norvège où le poids de la commune est très important. La faible taille de ces établissements pose parfois problème (services proposés, technologie), mais les projets de regroupement ou de coopération rencontrent souvent une forte résistance locale. Dès que l’on sort des grandes villes, les caisses d’épargne sont la plupart du temps les seules présentes. Arrivent ensuite les banques étrangères, et en particulier les banques nordiques qui considèrent la Norvège comme une partie de leur marché domestique. On trouve les banques suédoises (SEB, Swedbank, Handelsbanken) et danoises (Danske Bank et sa filiale Fokus) et ce sur tous les segments de marché. Les autres banques étrangères sont uniquement implantées sur le marché des grandes affaires, du shipping ou comme banques d’investissement travaillant en grande partie sur ce qui est l’une des particularités de la Norvège : le secteur pétrolier et gazier, le offshore, le shipping. BNP Paribas a une position un peu hybride : principalement banque d’investissement, nous avons aussi une petite activité sur le marché des particuliers. La relation clients est-elle différente en Norvège ? Elle est différente car la partie électronique de la banque est ancienne et fortement ancrée dans les pratiques en Norvège. Chèques et papier ont été quasiment supprimés au profit des cartes bancaires et des traitements électroniques. La gestion via Internet des comptes est quelque chose de plus naturel. C’est de l’acquis. En France c’est encore dans une phase de développement et d’extension à de nouveaux segments de clientèle.
NDLR : En 20 ans, les chèques ont quasiment disparu en Norvège. Aujourd’hui carte bancaire et virement sont les deux principaux modes de paiement. En France, les chèques représentaient encore 26% des transactions en 2006. Pour quelqu’un qui dispose d’un peu de capital, est-il intéressant d’investir sur le marché norvégien ? S’il est très joueur et aime être en bourse, oui ! La bourse norvégienne est très spécialisée (pétrole, shipping) mais aussi très volatile. Le marché est petit, les cours changent vite et l’amplitude des mouvements est importante : il vaut mieux avoir les nerfs solides ! Sur les comptes courants, la grande différence vient plus d’une particularité française qui est de ne pas rémunérer ces comptes. Par ailleurs, l’autonomie de la couronne influe sur les taux rémunérateurs. Elle suit des composantes différentes de l’euro et donc évolue différemment. Son cours est souvent dirigé par le prix du pétrole. Fin 2007, les dépôts dans les banques norvégiennes représentaient 1.252 milliards de couronnes dont près de 700 milliards pour les particuliers. Depuis fin 2003, ce montant progresse en moyenne de 15% par an. Thierry GUENIN. (www.lepetitjournal.com - Oslo) mardi 2 septembre 2008 |