| Ecrit par Alexandre Bellity,
le 22-08-2008 01:00
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Non content d’avoir transformé l’entreprise familiale en véritable chaîne commerciale, Ung Dipola, PDG d’Eye Care, prévoit désormais d’étendre son réseau à l’ensemble des provinces du Royaume. Portrait d’un entrepreneur qui voit loin et grand (Crédit: LPJ)
Rien ne prédestinait ce Franco-cambodgien d’une trentaine d’années à faire carrière dans l’optique. Lui se voyait plus dans le bâtiment. C’est d’ailleurs avec un diplôme d’ingénieur en poche, obtenu en France à l’école supérieure de travaux publics, que Ung Dipola pose ses valises à Phnom Penh à la fin de l’année 2000. Erreur de timing…le bâtiment est alors un secteur en friche, très loin de l’âge d’or qu’il traverse actuellement. Alors pourquoi ne pas se consacrer à l’entreprise familiale ? "Lorsque j’ai repris Eyecare, nous avions cinq boutiques mais pas de bureaux comme aujourd’hui, et la comptabilité était tenue par ma mère", explique t-il. Sept ans plus tard, la société s’est dotée de grands locaux dans Phnom Penh et a déjà ouvert quatre points de ventes supplémentaires. "Nous sommes aujourd’hui présents à Phnom Penh, grâce à nos sept boutiques, mais également à Siem Reap et à Battambang. A terme, l’objectif est d’ouvrir un magasin Eyecare dans chaque province du Royaume". Un entrepreneur ambitieux qui utilise à bon escient son expérience acquise en Europe et en France, "mieux anticiper le marché et planifier les choses, car ce qui est le passé là bas est le présent ici, ce qui me permet de jouer avec un coup d’avance". Des paires de lunettes à prix abordable Ung Dipola compte sur le besoin en lunettes de près de 4 millions de personnes, soit environ 30% de la population du pays, pour aider à la croissance de sa société. Mais il ne se fait pas d’illusion quant à l’étendue réelle de ce marché, les problèmes de vue étant le cadet des soucis d’une majorité de Cambodgiens. "Si vous retirez de ces 4 millions de personnes ceux qui ne s’intéressent pas à la santé de leurs yeux, puis ceux n’ayant pas les moyens d’investir dans une paire de lunettes, la clientèle potentielle se réduit énormément" explique t-il, néanmoins confiant dans l’avenir. "Nos premiers prix permettent d’avoir une paire de lunettes de vue de bonne qualité pour quinze dollars, soit six fois moins chère qu’en Europe pour un produit équivalent". Des tarifs abordables pour une clientèle qui devrait grandir dans les années à venir, portée par la croissance de l’économie nationale. "Je ne veux pas être un président à mi-temps" Eyecare est d’ores et déjà le numéro un de l’optique sur le territoire, et son PDG compte tout mettre en œuvre pour le rester. Si les vendeurs de lunettes poussent comme des champignons à Phnom Penh, Ung Dipola mise d’abord sur la qualité de ses produits pour leurs damner le pion. "Nous garantissons nos produits, verres et montures, ce qui est un gage de confiance pour les clients, et nous ne travaillons qu’avec des fournisseurs sérieux", explique t-il, avant d’ajouter "qu’il se refuse à vendre des lunettes Gucci à 5$, car ce type de paires ne respecte pas nos normes de qualités". La formation de ses employés est également un aspect primordial au succès de son entreprise, "les plus anciens de nos opticiens sont partis en formation à Singapour. Désormais, je fais venir des spécialistes de Malaisie, de Thaïlande pour former nos recrues". Un apprentissage interne long de deux ans, qui permet de pallier à l’absence d’une école d’optique au Cambodge, et qui ouvre de réelles perspectives aux personnes titulaires du baccalauréat. C’est pour le moment un sans faute que réussi Ung Dipola dans sa reprise d’Eyecare, même s’il avoue lui-même avoir un petit regret de ne pas avoir fait une carrière plus conforme à sa formation initiale dans le BTP, étant donné la croissance du secteur ces dernières années. "Avec les objectifs très élevés que nous nous sommes fixés, je ne peux pas me permettre dans me lancer dans autre chose maintenant, je ne peux pas être un président à mi-temps". Alexandre BELLITY. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) vendredi 22 août 2008
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