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USA – La Pologne ouvre ses portes au bouclier antimissile |
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| Ecrit par Frédéric Guitton,
le 21-08-2008 01:00
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La Pologne a accepté hier l’installation sur son territoire d’une partie du bouclier antimissile américain. Mais Moscou voit d’un très mauvais œil cette future base militaire implantée par les Etats-Unis aux portes de la Russie La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et son homologue polonais Radoslaw Sikorski ont signé hier à Varsovie l'accord qui prévoit la construction d'une partie du bouclier antimissile en Pologne (photo AFP)
Voilà une nouvelle qui pourrait bien encore refroidir les relations entre les Etats-Unis et la Russie. Hier, la Pologne et les Etats-Unis ont officiellement signé un accord prévoyant l’installation de plusieurs éléments du futur bouclier antimissile américain sur le sol polonais. Malgré la ferme opposition de la Russie, la Pologne accepte donc de loger sur son territoire pas moins de 10 intercepteurs de missiles censés protéger les Etats-Unis contre une attaque de pays imprévisibles comme l’Iran ou la Corée du Nord. Cet accord aura finalement nécessité plus de 15 mois d’intenses négociations, récemment accélérées par la crise en Géorgie. Selon le gouvernement polonais, c’est le conflit géorgien qui a poussé les Etats-Unis à accepter les dernières conditions imposées par Varsovie, à savoir garantir la sécurité du territoire polonais en déployant des batteries anti-aériennes de dernière génération. Mais pour Moscou, voir cette installation américaine aux portes de la Russie est une véritable "provocation" à laquelle les autorités russes ont promis de "riposter".
3 à 5 minutes pour détruire un missile ennemi Les installations prévues en Pologne ne sont qu’un petit morceau du vaste arsenal destiné à protéger le territoire américain. Plusieurs parties du bouclier sont déjà opérationnelles, comme les deux puissantes bases radar installées en Angleterre et au Groenland, couplées d’un dispositif de détection par satellite. 21 intercepteurs de missiles sont également déployés en Alaska et trois autres en Californie. En République tchèque, un autre radar sera bientôt en fonctionnement, et les installations en Pologne devraient boucler le projet à l’horizon 2012. Une fois opérationnel, le bouclier antimissile sera capable d’intercepter des engins balistiques de plus de 5.000 km de portée. Et l’installation polonaise était indispensable puisque si un missile venait à être lancé depuis l’Iran vers les Etats-Unis, il survolerait automatiquement l’Europe centrale. Selon un expert militaire de l’OTAN, le temps disponible pour l’interception de ce missile serait alors "de trois à cinq minutes". Juste assez pour pouvoir tirer un missile intercepteur qui irait détruire l’engin ennemi en plein vol grâce à une collision à 24.000 km/h. Depuis 1983, Washington a déboursé plus de 100 milliards de dollars pour ce projet. Mais pour les Etats-Unis, la sécurité, ça n’a pas de prix. Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) jeudi 21 août 2008
En savoir plus : LCI - Etats-Unis/Pologne - Varsovie donne son feu vert au bouclier américain Le Figaro - Bouclier antimissile : Moscou promet des représailles Nouvel Obs - Le projet de bouclier antimissile américain Le Monde - La carte du bouclier antimissile en Europe
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