| Ecrit par LPJ Budapest,
le 19-08-2008 01:00
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C'est un saint homme et un grand roi que les Hongrois s'apprêtent à fêter le 20 août, c'est aussi le 970e anniversaire de sa mort le 15 août 1038. Saint Etienne 1er ou Szent István, outre qu'il a fondé la Hongrie, l'a aussi christianisée, ce qui ne fut pas chose aisée et lui demanda beaucoup de détermination La couronne de St Etienne (photo LPJ)
Sa vie ne fut pas de tout repos. Né Vajk, fils de Géza et de la Transylvaine Sarolta, à Esztergom vers 970, il se convertit au catholicisme avec son père en 985 et reçut alors le nom d'Etienne. Sa foi fut renforcée par des missionnaires slaves, comme Vojtech, le futur saint Adalbert, ou les prélats bavarois Pilgrim de Passau et Wolfgang de Ratisbonne qui organisent l'Eglise dans le pays. Il épouse Gisela, fille du duc Henri II de Bavière, soeur de Saint Henri, elle deviendra elle aussi une sainte. Géza meurt en 997 peu après ce mariage et Etienne devient à son tour duc des Magyars. Il réprime un soulèvement de l'aristocratie païenne fomentée par Koppany. A Noël 1000, il est sacré roi de Hongrie et reçoit du légat Astericus ou Anastase, une couronne que lui envoie le pape Sylvestre II. Assiste aussi à la cérémonie Domonkos, premier évêque de Hongrie. Ce seront par la suite des combats incessants contre les peuples voisins et aussi certains de ses compatriotes demeurés païens et toujours prompts à la révolte, telle celle d'Ajtony. Etienne accomplit une oeuvre considérable tant dans le domaine spirituel que temporel. ll impose le christianisme donnant lui-même l'exemple en favorisant la construction d'églises et de monastères. Aidé par des missionnaires, il crée les archevêchés de Kalocsa et Esztergom ainsi que les huit évêchés de Veszprem, Pecs, Györ, Eger, Vac, Bihar, Czanad et Szekesfehervar. Il organise en comtés le territoire qu'il gouverne assisté d'un Conseil, dont font notamment partie l'archevêque d'Esztergom et le palatin. Au début du XIe siècle, la Transylvanie est incorporée au royaume de Hongrie.
Une succession difficile Sa politique matrimoniale se veut sage, une de ses soeurs épouse un prince bulgare et Ilona le doge Ottone Orseolo. De cette union naîtra d'ailleurs Pietro qui succédera à Etienne Ier, puisque celui-ci perdra son fils unique Emeric en 1031. Emeric sera aussi un saint, Imre en hongrois. A la mort d'Etienne, Pietro qui ne régnera que quelques années, devra faire face à la fronde de ceux qui avaient été écartés du pouvoir en sa faveur. Ce furent ensuite des décennies de troubles. La figure de saint Etienne a inspiré bien des artistes, sculpteurs et peintres, sa statue équestre à Buda est bien connue et de nombreux établissements scolaires portent son nom. Ferenc Erkel a composé en 1885, Istvan Kiraly, opéra en quatre actes et le compositeur contemporain Rezsö Kokai un oratorio. Marie-Thérèse de Habsbourg, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, créa en son honneur en 1764 l'ordre de saint Etienne. Les pèlerins hongrois peuvent honorer Saint Etienne à Rome, non pas à Santo Stefano degli Ungheresi qui avait été consacrée à Saint-Etienne de Hongrie et fut détruite lors de la construction de Saint-Pierre, mais à Santo Stefano Rotondo ou Santo Stefano al Monte Celio, sur le mont Caelius, laquelle avait été dédiée à un Saint Etienne qui n'est pas le nôtre ! Celle-ci en ruines fut confiée par le pape Nicolas V aux soins des Pères Paulins, ordre hongrois. Restaurée, elle devint donc l'église des Hongrois à Rome. A la fin du XVIe, elle échut aux Jésuites hongrois. Friedrich Wetter en est le cardinal-prêtre depuis 1985, il avait été précédé par Monseigneur József Mindszenty. C.D. (www.lepetitjournal.com - Budapest) mardi 19 août 2008
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