| Ecrit par Frédéric Guitton,
le 19-08-2008 01:00
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Menacé de destitution par la coalition gouvernementale, le président pakistanais a préféré remettre sa démission hier. Arrivé au pouvoir après un coup d’Etat, il faisait face depuis ces derniers mois à une impopularité grandissante 
Dans un discours retransmis à la télévision, le président pakistanais Pervez Musharraf a annoncé hier sa démission (photo AFP)Démissionner plutôt qu’être destitué, c’est le choix qu’a fait hier le président pakistanais Pervez Musharraf. Alors qu’une procédure de destitution contre lui avait été lancée par la coalition gouvernementale du pays, Pervez Musharraf a annoncé hier dans un discours télévisé qu’il quittait ses fonctions. Devant les 160 millions d’habitants que compte son pays, il a déclaré laisser son avenir "dans les mains du peuple", après avoir défendu son bilan et reproché au gouvernement de mettre en péril les fondements de la République pakistanaise. Cette démission met donc fin à un long bras de fer entre le Président et la coalition gouvernementale menée par l’ex-opposition. En février, les adversaires de Musharraf, menés par l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif et par le veuf de Benazir Buttho, avaient en effet remporté les élections législatives, puis formé une coalition en mars. Depuis, ils préparaient une procédure de destitution contre le Président dont ils remettaient en cause la réélection.
Une impopularité croissante L’arrivée au pouvoir de Pervez Musharraf remonte à 1999. Cette année là, il est limogé de son poste de chef de l’état major de l’armée par le Premier ministre Nawaz Sharif. Mais grâce au soutien de l’armée, le général Musharraf renverse le Premier ministre le 12 octobre, sans effusion de sang. Après avoir contraint Nawaz Sharif à l’exil, tout comme les autres ténors de l’opposition, Musharraf prend les rênes du pouvoir, à la tête de la seule puissance nucléaire du monde musulman. En 2001, il se proclame même président après avoir dissout le Parlement. Musharraf s’est ensuite assuré du soutien des Etats-Unis en s’associant à la "guerre contre le terrorisme" et à la traque des talibans. Mais en 2007, tout bascule. Le 6 octobre, il est réélu malgré l’incompatibilité des postes de président et de chef des armées. Il destitue ensuite les magistrats qui s’apprêtaient à statuer sur la validité de sa réélection, puis décrète l’état d’urgence et la suspension de la Constitution. De plus en plus contesté, le régime Musharraf est entaché en décembre par l’assassinat de l’ex-Premier ministre Bénazir Buttho. En février dernier, alors que sa popularité est au plus bas, il subissait une défaite cuisante aux législatives, prémices de la fin de son régime. Hier, à l’annonce de sa démission, des dizaines de Pakistanais sont descendus dans les rues pour exprimer leur joie. Mais la situation reste encore très instable dans le pays, avec des attentats islamistes en série et une crise économique toujours aussi préoccupante. Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) mardi 19 août 2008
En savoir plus : Libération – Pervez Musharraf annonce sa démission Nouvel Obs – Musharraf, neuf ans de pouvoir Le Point – Démission de Musharraf : les réactions
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