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Vous qui lisez ces lignes, vous avez tous sûrement vécu ça un jour : vos "premières fois" Cairotes, les premiers jours, baignés de dépaysement, rendus souvent difficiles par la barrière du langage. Je suis arrivée au Caire le dimanche 3 août, je compte rester un mois. Je vous propose de partager avec moi mes premières impressions. Qui sait, elles vous rappelleront peut-être des souvenirs ou vous permettront de découvrir sous un autre angle ce pays qui est désormais le vôtre 
Le zoo de Giza, où plusieurs cages vides se succèdent (Photos LPJ)Episode 5 : Giza Zoo, Zoo fantôme ? Des hippopotames au pied du "Four Seasons Hotel" ? Pas de panique, ce n’est pas un remix du Rhinocéros de Ionesco, mais plutôt l’étrange zoo de Giza. Visité derrière les lunettes d’une française en ballade… "Tiens, mais pourquoi a-t-elle donc voulu aller là-bas? Pas besoin de venir au Caire pour visiter un zoo !" Si cette question germe dans votre esprit, je vous répondrais : simple curiosité… Et j’avoue que je ne m’attendais pas à de telles surprises. Premier choc : où sont les animaux ? Même en cherchant bien, pas la moindre trace animale dans les premières cages que je découvre. Ouf, j’aperçois un éléphant. Je m’approche, et remarque soudain tous ces regards tournés vers moi. En observant mieux, je constate que je suis la seule occidentale. Bizarre… Certes, ce n’est pas le lieu le plus touristique de la ville, mais je m’attendais tout de même à trouver quelques collègues touristes… Nourrir les animaux ? C’est possible, il suffit de payer Bref revenons à nos éléphants… Avec étonnement, je vois tous les enfants tendre la main pour nourrir la star de l’enclos. De plus près, je découvre qu’un gardien se fait payer pour fournir les cacahuètes aux enfants. Mais c’est du gavage ! Si ce phénomène dure toute la journée, ils pourront bientôt le manger à Noël cet éléphant. Très vite, je remarque le même manège devant chaque cage. Crise d’urticaire garantie pour un vétérinaire européen ! Un peu plus loin, je découvre de drôles d’oiseaux… des cousins de nos canards ? Les inscriptions sont en arabe, ce restera donc un mystère pour moi. Mais ce qui me frappe, c’est leur nombre : ils sont au moins 30 dans le même enclos. L’Égypte a-t-elle mis au goût du jour la surpopulation carcérale chez les animaux ?
Lions, chameaux… même maigreur affolante Très vite je me sens mal dans ce lieu, mais avant de le quitter, passage incontournable devant les lions... Le roi de la savane va-t-il me réconcilier avec ce zoo ? J’aurai dû m’abstenir, ce que je découvre ne fait que renforcer mon malaise. Une dizaine d’animaux sont entassés dans 4 cages, ils ne bougent pas, ne réagissent pas, et sont d’une maigreur affolante. Trop centrée sur ma déception, je tarde à remarquer que je suis la seule étonnée. Les familles qui m’entourent profitent de la verdure, mangent, rient… Je réalise soudain que pour elles, c’est un lieu de détente bon marché, (presque) épargné par les klaxons. Je m’en veux alors d’avoir réagi comme une pure occidentale. Certes ce n’est pas le grand luxe, mais pour les gens d’ici c’est un lieu d’évasion, et pour ça je respecte ce zoo, et l’admirerai presque. Jessica BISSAY. (www.lepetitjournal.com - Le Caire – Alexandrie) vendredi 29 août 2008 |