| Ecrit par Steffy Beneat,
le 14-08-2008 01:00
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La plupart des provinces cambodgiennes ne bénéficient pas d’électricité. Pour la cuisson des aliments, le chauffage ou la production de sucre de palme, 90% de la population utilise du bois. Conséquence : on coupe, coupe, coupe… et les forêts disparaissent à vue d’œil. Le constat est alarmant Un paysage cambodgien typique (Photo Asean VIew Report)
"J’ai toujours vécu dans ce village et de nombreux arbres ont été coupés" raconte Pak Thor, habitant d’un village dans la province de Takeo. En apercevant à pirogue les nombreuses collines, il est effectivement facile de remarquer que de nombreux espaces arborés ont été rasés. Un constat, également visible a l’échelle nationale. Quelques chiffres : 4,5 tonnes de bois sont consommés chaque année uniquement pour la cuisson des aliments. Responsable en partie de la déforestation, estimée a 1.427.000 d’hectares ces 20 dernières années, la consommation de bois atteint quotidiennement 3,5 kilos par foyer selon Food and Agriculture Organisation. L’impact écologique est évident : effet de serre, appauvrissement du sol… D’après des chiffres communiqués par Groupe Energies Renouvelables Environnement et Solidarités (GERES), on évaluait en 1980 la superficie forestière du Royaume à 10,5 millions d'Ha, soit 60% de sa superficie, contre 13,5 millions en 1960. De 1980 à 1991, la régression s’accentue : 7,5 millions d’Ha en 1991, soit 41% de la superficie. 1 million de victimes chaque année en Asie Et tous les jours ce sont quelques hectares de plus qui partent en fumée. Mais comment reprocher à la population d’utiliser cette ressource naturelle, sachant que le bois couvre 96% de leurs besoins en énergie ? D’autant plus que les plus gros consommateurs sont tout autre, comme le rappelait l’an dernier l’organisation Global Witness au sein de son rapport coup de poing Cambodia Family Trees. Si la lutte contre le trafic de bois relève avant tout d’une décision politique qui tarde à venir, son utilisation domestique par la population fait désormais l’objet de plusieurs programmes gouvernementaux. En effet, cette pratique nuit à l’environnement mais a aussi des effets directs sur la santé des utilisateurs, en particulier les femmes et les enfants, les émissions importantes de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère entraînant des cas de maladies pulmonaires et oculaires. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu’un million de personnes meurent chaque année en Asie par empoisonnement dû aux émanations de fumées des équipements domestiques de cuisson. Au delà des campagnes de prévention et d’information de la population, la solution passe par un développement des énergies renouvelables. Dans le contexte très porteur du développement économique du Royaume, plusieurs initiatives vont déjà dans ce sens, et marquent, espérons le, les prémices d’une prise de conscience collective des problématiques environnementales. Steffy BENEAT. (www.lepetitjournal.com Cambodge) jeudi 14 août 2008
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