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GÉORGIE – Six points pour refermer la crise Suggérer par mail

Ecrit par Frédéric Guitton, le 13-08-2008 01:00

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Nicolas Sarkozy et son homologue russe Dmitri Medvedev sont parvenus hier à établir un plan de paix en 6 points pour mettre un terme au conflit. Le texte a été accepté dans la soirée par le président géorgien mais les tensions entre la Russie et la Géorgie semblent persister

Hier, Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev ont dégagé les 6 conditions nécessaires à un cessez-le-feu provisoire du conflit en Géorgie (photo AFP)

Après plusieurs heures de discussion, le président en exercice de l’UE Nicolas Sarkozy et le dirigeant russe Dmitri Medvedev sont parvenus hier à s’entendre sur un plan en six points pour tenter de résoudre la crise qui oppose la Russie et la Géorgie depuis jeudi (voir notre édition de lundi). Selon le président français, le texte prévoit en premier lieu l'engagement des deux parties "de ne pas recourir à la force", et la fin des hostilités "de façon définitive". Les troupes géorgiennes devront retourner "dans leur lieu habituel de cantonnement" tandis que l’armée russe devra se retirer "derrière les lignes antérieures au déclenchement des hostilités".
Les deux pays devront également s’engager à garantir la libre circulation de l’aide humanitaire, alors que des discussions internationales devront déterminer les "modalités de sécurité" de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud.
Juste avant cet entretien, le président russe avait appelé ses troupes à cesser leur progression sur le sol géorgien en annonçant la fin de l’opération militaire russe. Il avait alors déclaré : "L’objectif est atteint, l’agresseur est puni". Pourtant, selon plusieurs journalistes présents sur place, les bombardements russes se sont poursuivis dans la journée contre plusieurs villes de Géorgie.

Après avoir reçu le président français à Tbilissi, le dirigeant géorgien Mikhaïl Saakachvili a accepté hier dans la soirée le plan de paix proposé par la Russie (photoAFP)

Les troupes russes maintenues
Lors de son entretien avec le président russe, Nicolas Sarkozy a jugé "normal" que Moscou défende "les intérêts des Russophones" en dehors du pays, tout en rappelant la nécessité de respecter "l’intégrité" du territoire géorgien. "La Géorgie est un pays indépendant, a-t-il déclaré, et les Russes n'ont pas l'intention de demeurer en Géorgie". Mais le président russe a toutefois affirmé hier soir que ses troupes seront maintenues en Ossétie du Sud et en Abkhazie, les deux territoires géorgiens indépendantistes, afin de garantir la stabilité du Caucase.
Hier, les troupes géorgiennes s’étaient repliées à Tbilissi, la capitale du pays, où plus de 150.000 personnes s’étaient rassemblées pour assister au discours du président Mikhaïl Saakachvili. Ce dernier a ensuite reçu Nicolas Sarkozy à qui il a déclaré accepter le plan de cessez-le-feu.
La fin du conflit semble donc de plus en plus proche, mais les combats pourraient bientôt se poursuivre sur le terrain judiciaire. Hier, la Géorgie a déposé une plainte contre la Russie auprès de la Cour pénale internationale pour "nettoyage ethnique". Pour contre-attaquer, Moscou va collecter en Ossétie du Sud un maximum de plaintes contre les dirigeants géorgiens.
Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) mercredi 13 août 2008

En savoir plus :
Europe 1 - Un plan de sortie de crise entre la Russie et la Géorgie
Libération - "L'agresseur est puni" selon Medvedev
Le Figaro - En Ossétie, le retour de flamme du Kosovo


Vos réactions (1)
Posté par Anita Gabouty, le 28-08-2008 13:49
géorgie pour des infos objectives
Depuis le début de ce conflit nous avons du subir dans les média des info tendancieuses jusqu'á mensongéres. Je vous envoie cet article du Monde Diplomatique qui explique simplement et objectivement le pourquoi d'un conflit qui fait trembler tout le monde: 
Retour russe 
La question de la responsabilité du conflit dans le Caucase ne nous a pas tourmentés longtemps. Moins d’une semaine après l’attaque géorgienne, deux commentateurs français, spécialistes de tout, l’ont jugée « obsolète ». Un néoconservateur américain influent leur avait donné le la. Savoir qui a commencé « importe peu », trancha Robert Kagan car, « si Mikheïl Saakachvili n’était pas tombé dans le piège de Vladimir Poutine cette fois-ci, le conflit aurait été déclenché autrement (1) ». Une hypothèse en appelle une autre : si, le jour d’une cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, l’initiative d’une opération armée avait été le fait d’un autre que le jeune polyglotte Saakachvili, diplômé de la Columbia Law School de New York, les gouvernements occidentaux et leurs médias eussent-ils contenu leur indignation devant un acte aussi lourdement symbolique ? 
 
Mais, lorsque les bons et les mauvais rôles sont connus d’avance, l’histoire est plus facile à suivre. Les bons, comme la Géorgie, ont le devoir de préserver leur intégrité territoriale des manigances séparatistes ourdies par leurs voisins ; les méchants, comme la Serbie, devaient consentir à l’autodétermination de leur minorité albanophone (Kosovo) — et subir, en cas de refus, les bombardements de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Le conte moral est plus édifiant encore quand, pour défendre son territoire, le gentil président proaméricain rapatrie une fraction des soldats envoyés... envahir l’Irak. 
 
Le 16 août dernier, le président George W. Bush, justement, a invoqué avec gravité les « résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies » ainsi que « l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale » de la Géorgie dont « les frontières doivent bénéficier du même respect que celles des autres nations ». Seuls les Etats-Unis auraient par conséquent le droit d’agir unilatéralement quand ils estiment (ou prétendent) que leur sécurité est en cause. En réalité, la série d’événements obéit à une logique plus simple : Washington joue la Géorgie (et réciproquement) pour contrer la Russie ; Moscou joue l’Ossétie du Sud, mais aussi l’Abkhazie, pour « punir » la Géorgie. 
 
Dès 1992, deux rapports du Pentagone cherchaient à prévenir l’éventuelle résurgence d’une puissance russe alors en morceaux. Pour rendre permanente l’hégémonie américaine née de la victoire des Etats-Unis pendant la guerre du Golfe et de la dislocation du bloc soviétique, il importait, indiquaient ces rapports, de « convaincre d’éventuels rivaux qu’ils n’ont pas besoin d’aspirer à jouer un plus grand rôle ». Et, faute de les convaincre, Washington saurait les « dissuader ». Cible principale de ces prévenances ? La Russie, « unique puissance au monde qui puisse détruire les Etats-Unis (2) ». 
 
Peut-on alors reprocher aux dirigeants russes d’avoir vécu l’assistance occidentale aux « révolutions colorées » en Ukraine et en Géorgie, l’adhésion à l’OTAN d’anciens alliés du pacte de Varsovie et l’installation de missiles américains sur le sol polonais comme autant d’éléments de cette vieille stratégie visant à affaiblir leur pays, quel que soit son régime ? « La Russie est devenue une grande puissance, c’est ce qui inquiète », a d’ailleurs admis M. Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères (3). 
 
Architecte en 1980 de la très périlleuse stratégie afghane de Washington (soutenir militairement les islamistes pour vaincre les communistes...), M. Zbigniew Brzezinski a détaillé l’autre volet du dessein américain : « La Géorgie nous ouvre l’accès au pétrole et bientôt au gaz de l’Azerbaïdjan, de la mer Caspienne et de l’Asie centrale. Elle représente donc pour nous un atout stratégique majeur (4). » M.Brzezinski ne saurait être soupçonné de versatilité : même quand la Russie agonisait, au temps de Boris Eltsine, il voulait la chasser du Caucase et de l’Asie centrale pour garantir l’approvisionnement énergétique de l’Occident (5). Depuis, la Russie va mieux, les Etats-Unis moins bien, et le pétrole coûte plus cher. Victime des provocations de son président, la Géorgie vient de subir le choc de ces trois dynamiques. 
 
Serge Halimi.
 
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