| Ecrit par Laurent Guerinaud,
le 13-08-2008 00:00
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Avec un PNB de près de 900 milliards d’euros en 2007, le Brésil fait partie des 10 plus grandes puissances économiques. Et pourtant, le pays est paralysé par les difficultés logistiques, à tel point qu’en 2007, la Banque Mondiale l’a classé en 61ème position dans ce domaine*. Des améliorations se mettent en place, mais lentement
Containers en attente dans le port de Salvador - © Laurent Guerinaud Photography
Il ne suffit pas de produire, mais encore faut-il acheminer les produits jusqu’à leurs destinataires. C’est sur ce point que le Brésil a un gros effort à faire. Sur l’ensemble des paramètres de la chaîne logistique, le pays est en retard par rapport à ses principaux concurrents. Les infrastructures de transport, tout d’abord, sont largement sous dimensionnées. Aujourd’hui, l’insuffisance des infrastructures ferroviaires donne la part belle au transport routier, plus lent mais aussi moins fiable puisque soumis aux aléas climatiques, à la dégradation des routes, aux encombrements, et au manque de fiabilité des poids-lourds dont le parc est relativement âgé et mal entretenu. Le transport aérien n’est pas plus efficace, les retards étant fréquents et les infrastructures manquant pour le chargement et le déchargement de marchandises. Les ports, enfin, ne sont pas mieux lotis, avec des temps de chargement et de déchargement bien au-dessus de ceux des autres pays développés ou émergents. Ainsi, le temps moyen de convoyage de marchandises du fabriquant au point d’embarquement pour les exportations est en moyenne de 3,5 jours, soit 1 de plus que le Canada, pays dont le PNB est le plus proche de celui du Brésil. Et il est de 7 jours depuis le point d’entrée des marchandises importées jusqu’au destinataire, alors que ce délai est de 4 jours au Canada et 4,5 jours en France.
Les infrastructures progressent, mais les difficultés administratives et douanières restent très pénalisantes Ces délais n’incluent pas le passage en douane, qui constitue l’autre - pour ne pas dire le principal - paramètre pénalisant pour le Brésil. Ainsi, à l’importation comme à l’exportation, un container est immobilisé près de 6 jours en moyenne pour les formalités douanières ! En comparaison, le temps d’immobilisation est d’un peu plus de 1,5 jour en France, et moins d’une journée au Canada. Au total, ce sont 13 à 9 jours qui sont nécessaires, en moyenne, pour convoyer des marchandises entre l’envoyeur et le destinataire, entre le point d’entrée et de sortie du pays, alors qu’il il n’en faut que 3 à 5 pour le Canada et 5 à 6 pour la France, pourtant classée "seulement" 18ème par la Banque Mondiale. Néanmoins, en matière d’infrastructures, le Brésil est sur la bonne voie : de nombreux projets sont en cours pour améliorer les réseaux routier et ferroviaire. A l’heure actuelle, le Brésil dispose de 29.000 km de rail. Il en est prévu 31.000 en 2010, financés en partie dans le cadre du PAC (Programa de Aceleração do Crescimento) mis en place par le gouvernement, et 52.000 en 2025 dans le cadre du PNLT (Plano Nacional de Logística e Transporte). Au port de Santos, la part de marchandises convoyée par train est passée de 17,6 à 23,6% entre 2007 et 2008 et de nombreux investissements sont prévus pour améliorer les infrastructures ferroviaires de chargement/déchargement. Mais le principal enjeu pour le Brésil est la réduction des difficultés administratives et douanières qui représentent un véritable poids pour les entreprises. Laurent GUERINAUD. (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 13 août 2008
* Étude Connecting to Compete: Trade Logistics in the Global Economy de la Banque Mondiale (nov. 2007) : www.worldbank.org/lpi
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