|
Historien d’art de formation, Emmanuel Michaud dirige depuis un an le Centre Culturel Français. En venant à Oslo, il a retrouvé un pays qu’il connaît bien et apprécie particulièrement. Il nous parle de sa mission, du Centre Culturel et de la Norvège
"Ce qui me plait beaucoup en Norvège, c’est les rapports avec les gens que je trouve faciles, nets et sans détours" - (Photo T.G. SoKT)
Conseiller culturel à l’ambassade de France et directeur du Centre Culturel Français d'Oslo, Emmanuel Michaud, historien d'art de formation est arrivé dans la capitale norvégienne il y a environ un an. Marié, la cinquantaine et père de deux enfants, il a retrouvé à cette occasion un pays qu’il connaît bien pour y avoir précédemment dirigé le Centre Culturel Français de Stavanger. Il a répondu à nos questions.
Comment définiriez-vous votre mission ? Mon rôle est de promouvoir les domaines français que sont la science et la recherche, l’enseignement, la langue et la culture et ce, en renforçant ou établissant des coopérations avec les structures norvégiennes.
Comment intervenez-vous ? • Au plan scolaire et universitaire notre action se concrétise par des échanges de lycéens et d’étudiants entre nos deux pays. A cet égard pour informer les Norvégiens des possibilités d’études en France un espace Etudier en France vient d’être créé au Centre Culturel. • Dans le domaine de l’apprentissage du français, le CCF est un centre d’enseignement : nous proposons des cycles de formations aux professeurs de français norvégiens ; nous intervenons aussi dans les écoles pour apprendre le français aux très jeunes enfants. • Pour ce qui est de la Recherche, nous facilitons les échanges entre laboratoires ou bien la venue de chercheurs français au sein des pôles scientifiques majeurs de Norvège. Tous les mois Les Mercredis de la science proposent des rencontres autour d’un scientifique français. • Sur le plan culturel et artistique, nous facilitons la venue d’artistes français en résidence en Norvège ou au sein d’expos et de festivals. Le Centre soutient d’ailleurs régulièrement des événements culturels dans les musées et centres d’art.
Comment sont choisis les événements soutenus par l’Ambassade et le CCF ? On est dans un pays doté de bonnes infrastructures donc on n’est pas du tout dans un rôle de diffusion où on apporte des événements clés en mains. On est ici dans un rôle de coopération. Par exemple, quand une structure, un musée, organise un événement autour d’une thématique, on fait des propositions pour que puisse y être inclus un volet français. C’est un rôle d’influence.
Parmi les événements auxquels a participé le CCF, quel a été le plus marquant ? Peut-être le Festival de la Francophonie. La fédération d’une douzaine de pays francophones. A travers différentes expressions, chaque pays à son échelle a pu être présent. Une vraie diversité culturelle s’est exprimée sous le chapeau de la francophonie. Comme c’est l’année de la diversité culturelle en Norvège, ça a eu une résonnance forte tous ces pays qui se rassemblent.
Qu’appréciez-vous le plus en Norvège ? Ce qui me plait beaucoup en Norvège, c’est les rapports avec les gens que je trouve faciles, nets et sans détours. Pour le travail c’est important car on peut parler des choses assez directement et on a une réponse plutôt rapide : je trouve ça très, très appréciable. Je trouve également que la Norvège fait preuve d’un dynamisme important en ce moment. Je pense notamment à tous ces lieux culturels qui ont ouvert ou qui vont ouvrir : maison de la littérature, de la danse, l’Opéra, un nouvel opéra à Stavanger. Ça n’arrête pas.
Quelles grandes différences voyez-vous entre la Norvège et la France? On est à deux heures d’avion et on est très, très différents. Il n’y a aucune influence latine ici. Les références culturelles ou comportementales sont tout autres. Où l’on se rejoint le plus c’est sur les directions de politique générale du pays, mais en terme de vie au quotidien, on est différent. Par exemple, cet intérêt extrêmement marqué pour le sport, la nature, pour la maison les Français n’ont pas ça.
Quels conseils donneriez-vous à un Français qui arrive à Oslo ? C’est d’observer ! Essayer de comprendre comment ça se passe, comment les Norvégiens fonctionnent. Jouer le jeu de ce goût de la nature. Profiter au maximum d’une capitale à échelle humaine qui conjugue mer et montagne. Observer aussi ce qui change. C’est une ville qui bouge beaucoup. C’est sympa d’aller se promener dans ces quartiers où les anciennes brasseries sont en train d’être investies par des agences d’architecte, des ateliers d’artistes, des cafés, des lieux alternatifs.
Propos recueillis par Thierry GUENIN. (www.lepetitjournal.com Oslo) jeudi 4 septembre 2008
|