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ECONOMIE - Un bilan on ne peut plus mitigé
mercredi 13 août 2008

Pour la première fois, experts et hommes d’affaires se mettent d’accord sur l’incompétence du gouvernement à diriger une économie de manière à stabiliser le marché

Au cours de la dernière année, le gouvernement a entrepris une série de mesures pour stabiliser le marché et récupérer les fruits d’une croissance dépassant les 7%.
Interdire l’exportation de ciment, celle du riz. Annuler les tarifs douaniers sur les denrées et les produits alimentaires. Réviser les subventions accordées à l’énergie aux usines de la zone franche, etc.
Or, le gouvernement n’a pas réussi sa mission. Les prix ne cessent de galoper et le taux d’inflation a atteint un record de 20,2% en juin dernier. Le prix de la tonne de fer s’approche de 9.000 L.E, celui du ciment également a atteint quelques 600 L.E. Il est vrai que c’est une crise mondiale, mais comme l’a confié Hanaa Kheir Eddine, directeur exécutif du centre égyptien des études économiques, il s’agit plutôt d’une stratégie manquée et de l’échec du gouvernement à contrôler le marché.
Ces turbulences ont eu rapidement des répercussions sur la performance économique de l’Egypte. Le mois dernier, Moody’s a changé le classement de l’Egypte en matière de capacité à l’endettement public qui est passé de stable à négatif en raison d’une inflation hors contrôle et du rapport déficit budgétaire/revenus et dette publique/revenus les plus élevés parmi les pays du même classement BA auprès de l’institution de rating.

L'inquiétude des investisseurs
Les turbulences du marché n’inquiètent pas seulement les opposants et les experts. Ils soulèvent de même la rage des investisseurs et des hommes d’affaires alliés du gouvernement égyptien. "Ces mesures sont catastrophiques, affirme Naguib Sawires, PDG d’Orascom Télécom. Elles font soupçonner la crédibilité du gouvernement. Imaginez-vous si un pays comme l’Australie à qui nous exportons du riz et de qui nous importons le blé, interdit à son tour, de nous exporter le blé ? Nous ne mangerons pas de pain. Même scénario pour le ciment. Le gouvernement pourrait mieux laisser les investisseurs installer des usines de ciment au lieu de leur vendre la licence. N’est-ce pas à ce moment que ces usines inonderont le pays de ciment ? Effectuer des enchères n’a contribué qu’à une hausse supplémentaire des prix. Les producteurs récupéreront les sommes déjà payées aux dépens des consommateurs".
Les hommes d’affaires critiquent également les dernières modifications des lois économiques. Galal El Zorba, Président de l’Union Egyptienne des Industries, et un des fidèles du Cabinet Nazif, a critiqué le fait que le prix d’un mètre carré de terrain industriel soit passé de 30 L.E à 120 L.E. "On ne cesse pas de répéter que le cabinet de Nazif soutient les hommes d’affaires. Mais en fait, cet argument n’est plus réel. Le gouvernement a alourdi les fardeaux imposés aux hommes d’affaires", conclue-t-il.
Névine KAMEL. (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 13 août 2008

 
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