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Le 6 avril 2008, un groupe Facebook appelait à la grève en marge des évènements de Mahallah. Aujourd'hui, les membres du mouvement s'éloignent de leurs claviers et la répression reste sévère. Premier article d'une série consacrée à l’actualité égyptienne sur Internet 
Au moins 16 membres du mouvement "6 avril" sont détenus (Photo Facebook du groupe "6 avril") Ils étaient une trentaine le 23 juillet à s'être rassemblés sur la corniche d’Alexandrie. Ils traînaient un cerf-volant estampillé "6 avril" et portaient des t-shirts aux couleurs du mouvement, en chantant des airs nationalistes en direction de Sidi Bachar. C'est à ce moment-là que la police égyptienne a arrêté 14 d'entre eux pour "menace à la sécurité publique". 12 autres ont été interpelés le lendemain. Car l'Etat d'urgence interdit les rassemblements publics. Ces arrestations ont été unanimement condamnées par les associations de défense des droits de l'Homme. Amnesty International a appelé les autorités égyptiennes à procéder à la libération immédiate de ces "prisonniers de conscience, détenus pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression et au rassemblement pacifique". L’ANHRI (Arab Network for Human Right Information) a précisé avoir essayé en vain de joindre les détenus sur leurs portables. Quatre mois après le 6 avril, le mouvement s'éloigne des claviers La situation est préoccupante, lorsqu'on sait que leur centre de détention, surnommé "le quartier des pharaons" et dépendant des services de sécurité, est connu pour des cas de torture. L'inquiétude est d'autant plus grande pour deux des prisonniers, Ahmed Afifi et Mohamed Taher, dont on ignore le lieu de détention. Ils sont accusés d'avoir "organisé un rassemblement de plus de cinq personnes dans un lieu public" et d'avoir incité à la désobéissance civile. Certains vont passer quinze jours en détention provisoire. D'autres, comme Mahinor Al Masri, ont été relâchés après avoir été interrogés. Dans la plus grande ambigüité, les autorités semblent soucieuses de ne pas faire naître de nouveaux martyrs, à l'image d'Esraa Abdel Fatah qui avait été arrêtée le 6 avril. Aujourd'hui, plus de 74.000 personnes sont toujours membres du groupe Facebook "6 avril". Ses membres actifs tentent aujourd'hui de donner une vitalité non-virtuelle au mouvement. Fin juin, ils étaient 400 à se rassembler pour la première fois au Syndicat des Journalistes. Esraa Abdel Fatah a été ovationnée. Sorte de brainstorming pour décider des prochaines actions à mener, la conférence s'est achevée par la projection d'un court métrage sur les origines de la grève du 6 avril, disponible sur YouTube. Cette génération de nouveaux militants jeunes rappelle qu'elle n'a connu que l'Etat d'urgence. Symbole de la déchéance des partis d'opposition pour les uns, tournant historique pour les autres, le "6 avril" semble bien résister aux pressions. Elsa FOUCRAUT. (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mardi 12 août 2008 |