| Ecrit par Colette DEHALLE,
le 11-08-2008 01:05
|
|
La grande affaire de la semaine a été incontestablement l'ouverture des Jeux olympiques d'été à Pékin. La XIXe olympiade constitue déjà en elle-même un événement, puis elle a suscité bien des commentaires jusqu'au dernier moment, fallait-il y aller?, fallait-il évoquer certaines questions qui risquent de fâcher?, la météorologie serait-elle de la partie?, en y allant ne risque-t-on pas de cautionner des pratiques que l'on réprouve par ailleurs?, bien au contraire rétorquent d'autres, c'est une façon de montrer que l'on reconnaît les progrès de la Chine et qu'on lui fait confiance pour leur poursuite. Monaco y participe par l'envoi d'une délégation qui se compose de cinq sportifs.
Sébastien Gattuso en athlétisme, Romain Marchessou en haltérophilie, Fabienne Pasetti en tir, Yann Siccardi en judo et Mathias Raymond en canoé-kayak, ces deux derniers sont entrés très vite dans le vif du sujet. Certains d'entre eux sont des habitués de cette manifestation mais tous ont vanté la qualité de l'accueil et de l'organisation, qui les a impressionnés. Le Prince Albert II qui en tant que membre du CIO, participe aux travaux de la session du Comité qui se tient traditionnellement avant l'ouverture, les avait précédés et a fait part de sa satisfaction de voir ses compatriotes à l'oeuvre. Le vieil adage "mens sana in corpore sano", vient à l'esprit. En effet, au moment où les Jeux olympiques vont retenir l'attention du monde, on annonce la parution du 32e numéro des Annales monégasques, l'excellente revue d'histoire dirigée par Régis Lécuyer, conservateur des archives et de la bibliothèque du Palais princier. Depuis sa création en 1977, cette revue annuelle qui tire à quelque 2 000 exemplaires et que l'on peut trouver en librairie, explore inlassablement bien des aspects méconnus du patrimoine artistique et littéraire de Monaco. Il y a quelques jours nous évoquions ces prestigieuses demeures que des souverains avaient édifiées sur la Côte d'Azur. Une d'entre elles défraie en ce moment la chronique dans la presse nationale et locale française. Il s'agit de la villa Leopolda qui serait sur le point de devenir la propriété d'un oligarque russe pour une somme jamais proposée nulle part, cinq cents millions d'euros. Des rumeurs insistantes assurent qu'il s'agit de Roman Arkadievitch Abramovitch, propriétaire du Chelsea FC, mais il semblerait qu'il n'en soit rien. Pour l'instant, le nom est tenu secret, ce qui naturellement alimente la curiosité sur l'identité de celui qui succédera à Lily Safra, Giovanni Agnelli, ou encore la comtesse de Beauchamp ou Ogden Codman. Léopold II l'avait fait construire au début du XXe sur les hauteurs du Cap Ferrat au milieu d'un parc de plus d'un millier d'essences variées. Celui qu'on nommait "le roi bâtisseur" avait amassé une immense fortune avec le Congo qui fut pendant une trentaine d'années sa propriété personnelle, avant qu'il ne le cédât à la Belgique quelques mois avant sa mort survenue en 1909. Durant la Première Guerre, son neveu et successeur Albert Ier, qu'on appelait lui "le roi chevalier" avait transformé la villa Leopolda en hôpital militaire. Le luxe est encore à l'honneur avec un yacht, et pas n'importe lequel. Au terme d'une histoire à rebondissements divers que n'aurait point reniée Shéhérézade qui s'y connaissait... l'Irak a obtenu la saisie d'un yacht ayant appartenu à Saddam Hussein et qui était ancré dans le port de Nice. Pour cela, il a fallu que l'État jordanien renonce à ses droits sur ce bien. Construit en 1981 et long de 82 m, il s'appelait alors Quadisiya, rebaptisé par la suite Ocean Breeze, il porte maintenant le nom de Basrah Breeze. C'est à Bassorah effectivement qu'il avait été amarré après sa livraison. A la suite de l'invasion de l'Irak et des difficultés de la situation, le yacht s'était retrouvé à Nice où il avait été mis en vente par un courtier londonien pour quelque 23 millions d'euros. La société Sudeley Limited, basée aux Iles Caïman, soutenait que le luxueux bâtiment digne du faste des Mille et une nuits, lui appartenait puisque donné par la famille de Saddam Hussein au roi d'Arabie Saoudite et que celui-ci en aurait ensuite fait don au roi Abdallah II de Jordanie, actionnaire de Sudeley! C'est une victoire pour l'Irak et un encouragement, le pays cherche depuis quelques années à se réapproprier l'immense fortune que le Raïs avait placée aux quatre coins du monde et évaluée à plusieurs dizaines de milliards d'euros!
Colette DEHALLE. www.lepetitjournal.com - Monaco
|