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SOCIÉTÉ - La langue française, des critères sélectifs qui divergent [2] Suggérer par mail
jeudi 21 août 2008

Pour une grande partie des personnes interrogées, francophones ou anglophones, la raison du choix de l'anglais ou du français comme langue première dépend de leur appartenance sociale. Que ce soit pour intégrer une élite ou un groupe d’amis

(photo LPJ)

Pour Naïla, 23 ans, étudiante anglophone à l’université MSA en communication de masses, "le français n’est pas assez développé et les universités les plus reconnues et prisées en Egypte restent les universités anglophones. Lorsque l’on termine ses études, il faut savoir parfaitement parler l’anglais en Egypte, pas le français alors le choix est vite fait. Si l’on veut trouver du travail, il faut savoir parler anglais", constate t-elle.
Même avis pour Ola, également étudiante anglophone de 20 ans, au sein de la même université : "Nos parents nous ont inscrits dans des écoles anglophones dès notre plus jeune âge et ce, en raison de l’importance de l’anglais en Egypte et pour trouver du travail plus facilement. De plus, les universités françaises sont un phénomène récent et peu connu. On ne peut pas prendre le risque de choisir le français si l’on n’est pas sûr de pouvoir travailler avec. Et puis en plus, tous nos amis et notre entourage sont dans des universités anglophones", fait-elle remarquer avec un léger sourire.
Les inscriptions dans les prestigieuses universités anglophones en Egypte montrent bien que l’enseignement de certaines sciences en langue complètement étrangère est un moyen de se maintenir ou de se positionner à un niveau semblable aux pays développés.
La langue française est aussi pour beaucoup, un signe d’appartenance à la communauté chrétienne, même si de nos jours beaucoup de musulmans sont scolarisés. Il n’en reste pas moins que d’autres craignent le contenu pédagogique de ces écoles confessionnelles ainsi que pour la foi de leurs enfants.

(photo LPJ)
Le français : une langue chrétienne ?
Heba, francophone de 17 ans et de confession chrétienne : "En Egypte, le français est considéré par beaucoup comme une langue pour les chrétiens. [...] Mes parents estiment que le français est une richesse et dénote une certaine appartenance à la classe aisée. Moi, je ne trouve pas, j’aurai préféré parler l’anglais parce que je voudrais aller étudier aux Etats-Unis plus tard avec mes amis", regrette-t-elle.
Maha, francophone de confession musulmane précise, elle, sur un ton très inquiet, que "ces écoles françaises de confessions chrétiennes peuvent représenter un danger pour nos enfants musulmans car ils voient une grande majorité de leurs camarades aller aux cours religieux et voudraient faire pareil. […] Nous, parents, nous devons faire très attention à ce que cela ne déborde pas".
Lynda KARTOUT. (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) jeudi 21 août 2008
 
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