| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 07-08-2008 01:00
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Un an et demi après son élection, le président mauritanien a été chassé du pouvoir hier. Les généraux à l’origine du coup d’Etat contestent leur limogeage, annoncé juste avant ce soulèvement armé. La crise politique est plus que jamais vivace en Mauritanie De plus en plus contesté dernièrement, le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été capturé par les généraux qu'il a limogés (photo AFP)
On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Des généraux viennent d’appliquer ce proverbe en Mauritanie en procédant à un coup d’Etat éclair hier matin. Les putschistes ont capturé le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, son Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf, ainsi que le ministre de l’Intérieur. Menés par le général Mohamed Ould Abdel Aliz, les militaires se sont également emparés de la présidence à Nouakchott, la capitale à l’ouest du pays. Ils se sont aussitôt constitués en "conseil d’Etat", afin de contester les nominations au sein de l’armée décidées par le président Abdallahi quelques heures avant le coup d’Etat. Vidées de leur personnel par la force, la télévision et la radio nationales ont cessé d’émettre. Le calme régnait encore hier soir, et l’armée empêchait les fonctionnaires d’accéder aux médias d’Etat et à la présidence. Un Président aux pieds d’argile Ce sont quatre changements à la tête de l'état-major de l'armée, de la gendarmerie, de la garde nationale et de l'état-major particulier de la présidence qui ont mis le feu aux poudres. A travers cette décision, Sidi Ould Cheikh Abdallahi souhaitait notamment écarter du pouvoir les généraux Ould Cheikh Mohamed Ahmed, chef d'état-major de l'armée, et Mohamed Ould Abdel Aziz, chef de la garde présidentielle. Personnages clés, ils avaient été membres du conseil militaire qui avait conduit à la transition démocratique de la Mauritanie entre 2005 et 2007. Les deux hommes sont aussi soupçonnés d’être à l’origine d’une fronde parlementaire. Lundi, 25 députés et 23 sénateurs ont annoncé leur démission du Pacte national pour la démocratie et le développement, la formation présidentielle. Cette défection collective a considérablement égratigné le pouvoir et la crédibilité du chef de l’Etat, premier président démocratiquement élu, en mars 2007, depuis l’indépendance de la Mauritanie en 1960. Mais le Président est accusé par ses opposants de bloquer les institutions, avec dernièrement son choix de faire annuler une session extraordinaire au Parlement. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 7 août 2008 En savoir plus Le Figaro - Coup d'Etat en Mauritanie RFI - Un nouveau coup d’Etat militaire Nouvel Obs - Le président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi
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