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CINEMA-Crimen y lujuria le paradoxe de la comédienne |
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| Ecrit par SANTIAGO,
le 22-08-2008 01:00
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Crimen y lujuria, le dernier film d’Ang Lee, trace le destin d’une jeune comédienne chinoise qui, pour contrer l’occupation japonaise pendant la seconde guerre mondiale, va devenir l’amante d’un collaborateur, dans le but de l’assassiner. L’actrice se transforme peu à peu en femme amoureuse.
Pendant la seconde guerre mondiale, en 1942, le Japon occupe une partie de la Chine, notamment la ville de Shanghaï. Wong Chia Chi, étudiante en art dramatique, prend conscience du pouvoir du théâtre dans la résistance. Elle décide, avec une bande d’amis comédiens, d’utiliser son art pour défendre son pays. Elle doit charmer Yee, le chef des services secrets japonais. Pour ce faire, la jeune femme devient l’amie de l’épouse de Yee. Elle le séduit et devient sa maîtresse. Pourtant, très vite, la relation entre les deux amants devient une douleur, physique et morale, la comédienne se laissant prendre à son propre jeu.
Tony Leung Chiu Wai (In the mood for love), Joan Chen (Le dernier empereur) et Tang Wei, la révélation du film dans le rôle principal, ont offert au film le Lion d’or à Venise Magnifiquement filmé, Crimen y lujuria (Lust, Caution) dessine la naissance d’une passion malsaine. Dans ce jeu raffiné, la femme devrait avoir le pouvoir car elle sait, en le charmant, amadouer un homme méfiant . Mais elle échoue de n’avoir pas su garder la distance nécessaire. Les femmes aux ongles pourpres laissent sur les tasses de porcelaine les traces de leurs lèvres peintes, comme un écho à d'autres scènes: le sang versé par le traître qui ne veut pas mourir, ou celui de la femme violentée pendant l’acte sexuel. La comédienne est l’incarnation du sacrifice sexuel fait à la patrie : la jeune femme va se prêter à un jeu d’amour pervers et sadomasochiste pour défendre son pays. Elle n’avait pas prévu d’aller si loin dans le don de soi, pour mener à bien sa mission imaginée par la résistance chinoise. Alors que ses chefs l’obligent telle une courtisane à pénétrer plus loin l’esprit de Yee, elle confesse l’avancée du poison amoureux dans son corps et son cœur. Un long film (2h38) à l’esthétique travaillée qui met en évidence les faiblesses humaines et la limite du « jeu », ce que Diderot appelait « le paradoxe du comédien », en somme. M.G (www.lepetitjournal.com Santiago) vendredi 22 août 2008 Sortie le 21 août Crimen y lujuria, (Lust, caution)de Ang Lee (oscar du meilleur réalisateur pour le secret de Brokeback mountain , réalisateur aussi de Tigre et Dragon), avec Tony Leung, Tang Wei, Joan Chen, Wang Leehom 2h38 min. Notre conseil : à partir de 16 ans
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