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ÉCONOMIE – Le crédit toujours à la hausse malgré l’augmentation des taux d’intérêts |
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mercredi 06 août 2008 |
Au Brésil les magasins vendent en plusieurs fois sans frais et les prix sont affichés en mensualités. Avec un marché du travail au beau fixe, le crédit n’a pas reculé devant la hausse du taux de refinancement par la Banque Centrale. Le seul effet aura été un allongement des délais de remboursement
10 fois sans frais ( Photo LPJ )
Dans le but de limiter le crédit et contenir l’inflation, la Banque Centrale a augmenté le taux de base de 1,75 points depuis avril, le portant à un niveau annuel de 13%. Le taux d’intérêt moyen pour les prêts à la consommation a suivi le même chemin, passant de 47,4% en mai à 49,1 en juin. Ces taux donnent le tournis quand on sait qu’ils sont en moyenne inférieurs à 10% en France ! La marge des banques (différence entre le coût de captation et le taux d’intérêts pratiqué) est de 34,7%, et elle a également augmenté entre mai et juin. Un premier regard sur ces chiffres laisse percevoir que l’augmentation relative est minime : 1,7 points à rapporter à un taux moyen de près de 50% ne correspond qu’à 3,5% d’augmentation. C’est ce qui peut en partie contribuer à expliquer que la mesure n’ait pas suffit à freiner le recours au crédit malgré les attentes. La hausse du taux directeur est d’autant plus insuffisante que le contexte incite à emprunter.
Le dynamisme du marché du travail et la hausse des salaires favorisent le crédit Tout d’abord, le recours au crédit est en effet culturel au Brésil. Peu de consommateurs se rendent compte que les intérêts sont déjà inclus dans le prix des biens qu’ils achètent en X fois sans frais. Il suffit de payer a vista (comptant), pour bénéficier d’une réduction correspondant plus ou moins aux intérêts. Mais la logique est différente : dans l’esprit du consommateur, il ne paye pas plus cher en achetant à crédit… Il peut juste économiser s’il paye comptant. L’achat à crédit est d’autant plus tentant que le marché du travail est en excellente santé. Avec un taux de chômage inférieur à 8%, le Brésil est proche du plein emploi. Le salaire moyen a augmenté de 2,5% entre janvier et mai, et le nombre de travailleurs de 4%, soit une masse salariale en hausse de 6,5%. Le salaire plus élevé permet de payer des mensualités plus importantes et en cas de démission, les consommateurs estiment pouvoir retrouver un emploi rapidement. C’est aussi la façon dont les banques voient les choses, puisqu’elles consentent de plus en plus de prêts, sur des durées de plus en plus longues. Elles n’ont d’ailleurs pas tort, le taux de défaut (retard de paiement de plus de 90 jours) étant inférieur à 8%, et lui-même en baisse… La principale conséquence de la hausse des taux a finalement été l’allongement des délais de remboursement. Ils sont passés de 12,6 mois en moyenne au premier semestre 2007 à 14 mois cette année. Laurent GUERINAUD. (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 6 août 2008 Source : Estado SP du 04/08 |