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Les ministres arabes des Affaires étrangères ont tenu une réunion d'urgence pour examiner la situation entre le Soudan et la Cour pénale internationale. Cette réunion s’est tenu à la demande du Soudan après que le procureur de la CPI ait demandé de lancer un mandat d'arrêt contre le Président soudanais pour crimes au Darfour, ouest du Soudan 
(Photo : Ligue Arabe) La Ligue arabe s'est opposée cette semaine à la demande de l'émission d'un mandat d'arrêt par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, contre le président soudanais Omar El-Béchir, qualifiant cette demande de "position déséquilibrée" et évoque l’usage de deux poids et deux mesures. "La demande du procureur n’aide pas à la stabilité mais au contraire, risque d’aviver les tensions", ont estimé les ministres arabes lors de cette réunion. Selon eux, l’acte posé par la Cour affaiblirait la souveraineté du pays. Ils ont souligné que seuls les tribunaux soudanais sont compétents pour instruire de telles accusations. La ligue a rejeté toute tentative de politiser les principes de la justice internationale et a réitéré sa solidarité vis-à-vis du Soudan en termes de protection de sa souverainté de son unité, de sa sécurité et de sa stabilité. Les 22 pays de la ligue arabe ont affirmé au Caire que la demande du procureur de la Cour Pénale Internationale, constitue un précédent grave et inacceptable. Le 14 juillet, Luis Moreno-Ocampo, principal procureur la CPI basée à La Haye, avait officiellement demandé un mandat d'arrêt contre le président El-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés au Darfour. Le Soudan, qui n'est pas membre de la CPI, a rejeté ces allégations de la cour, les qualifant de "nulles et fausses" et insistant sur le fait que la CPI n'a pas compétence au Soudan. Politique de deux poids deux mesures Lors de la réunion de la ligue arabe, le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit, a affirmé que la crise actuelle au Soudan ne pouvait être résolue que par le biais d'une solution politique. "Nous devons adopter une position ferme par solidarité avec nos frères du Soudan et agir efficacement avec les organisations régionales et internationales ainsi que les Etats du conseil de sécurité pour réexaminer immédiatement cette demande du procureur", a déclaré pour sa part, Mourad Medelci, le ministre algérien des Affaires étrangères. En fait, le Soudan a demandé l'aide de la Chine, de la Russie, de la Ligue arabe et de l'Union africaine pour obtenir du conseil de sécurité une résolution suspendant pour un an tout mandat d'arrêt contre son président. Et pour sa part, le vice-président soudanais a déclaré que "nous sommes en contact permanent avec les membres du Conseil de sécurité de l’Onu, dans le but de trouver un plan d’action pour stopper cette procédure de la CPI". A l’ouverture de la réunion, le ministre djiboutien des Affaires étrangères a critiqué la communauté internationale qui reste silencieuse face à la souffrance des Palestiniens et aux crimes israéliens. Les observateurs ont évoqué dans ce sens la dualité qui caractérise le traitement par la communauté internationale des questions mondiales, soulignant la lenteur enregistrée dans le règlement de la question palestinienne. Ils se demandent si George Bush serait poursuivi par la justice internationale pour ses crimes en Irak ? Pour certains spécialistes, il existe depuis longtemps un plan américain qui vise le partage des territoires soudanais pour s’emparer de ses provinces. Le Darfour n’échappe pas à la règle. Ses richesses en uranium ou en pétrole attisent la convoitise, ce qui explique pourquoi ce conflit mobilise le plus les opinions publiques occidentales surtout que d’un strict point de vue humanitaire, la crise semble contenue. Chérif CHAFIK. (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 6 août 2008 |