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ARGENTINE - Cristina veut reprendre la main Suggérer par mail
mardi 05 août 2008
La présidente Cristina Kichner veut inaugurer une nouvelle étape de son mandat après la crise du campo. Après le remplacement de son chef de cabinet la semaine dernière, la présidente s'est livrée, samedi, à une première conférence de presse depuis le début de son accession au pouvoir. Récit

La conférence a eu lieu au sein de la résidence présidentielle d'Olivos (Presidencia de la Nación)

Reprendre le premier rôle. Durement échaudée par la crise du campo, la présidente argentine, Cristina Fernández de Kirchner -dont la popularité atteint 20% d'opinions favorables contre 70% négatives- s'est prêtée, samedi, à l'exercice inédit d'une conférence de presse.
Cristina Fernandez veut éclipser les hommes lui ayant fait de l'ombre ces derniers mois : son mari (qui, pendant cinq ans, a boudé toute communication directe avec la presse) et le président de la société rurale (l'une des fédération opposée au gouvernement) qui, quelques heures avant, terminait un discours à l'occasion du salon de l'agriculture. 
"Quelle analyse faites-vous de votre début de mandat présidentiel?" lui demande un journaliste argentin. "Je referai toutes les choses comme je les ai faites" répond Cristina Kirchner, qui ajoute: "Je soutiendrai à nouveau la loi 125 (sur les rétentions flottantes) parce que je pense que, pour la première fois en Argentine, les institutions ont sérieusement débattu d'une loi relative à la redistribution des revenus". La présidente s´est bornée à admettre une "certaine ingénuité face à la réaction de secteurs très puissants face à la remise en cause de leurs privilèges" et a nié toute virulence de la part du gouvernement. A un journaliste qui l'interrogeait sur la "trahison" de son vice-président Julio Cobos -qui a fait, par son vote négatif, échouer la loi sur les rétentions, Cristina Kircher a préféré ne pas opiner arguant avoir "trop de respect pour les institutions. Chacun est responsable de ses actions politiques". 

Qui commande?
Le protagonisme de son mari, devenu président du parti Justicialiste en mai dernier, et le rôle qu'il a joué pendant la crise (Nestór Kirchner était partisan d'un passage en force) ont alimenté les supputations sur le véritable chef du pays. "En 2003, les commentaires disaient l'inverse, répond elle: "Kircher était alors inconnu à Buenos Aires contrairement à moi. On disait alors que j'allais être la véritable présidente. Aujourd'hui celle qui est faible et pusillanime, c'est moi". Cristina Kirchner quitte la salle satisfaite. Dans les coulisses, son mari l'attend, rapporte le journal argentin Perfíl, "tu leur as donné une véritable leçon" lui dit-il en l’accueillant.     
C.B. (www.lepetitjournal.com - Sao Paulo) mardi 5 août 2008 (article déjà paru dans l'édition Buenos Aires)

 
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