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Humberstone est l’emblème de la fin d’une industrie. Abandonnée par ses habitants dans les années 60, cette ville autrefois dédiée au salpêtre est désormais hantée par la poussière sableuse du désert, et la rouille qui ronge ses bâtiments. Visite de cette ville fantôme

(photo LPJ) Construite en 1862 autour d’un gisement de salpêtre (nitrate de sodium, autrefois utilisé pour fabriquer de la poudre à canon), la ville s’est d’abord appelée "la Palma". Elle fut rebaptisée Humberstone en 1930 en hommage à Santiago Humberstone, ingénieur britannique et pionnier du salpêtre. Située à 47km à l’est d’Iquique, bien au-dessus du niveau de la mer, la ville a un jour compté jusqu’à 5.000 habitants. Aujourd’hui, elle est vidée de sa population qui a déserté pendant la deuxième moitié du XXème siècle. Le salpêtre a vu son industrie décliner dans les années 1930. La ville a survécu encore trente ans de plus grâce à l’exploitation du bois. Mais lorsque l’économie du bois a elle aussi périclité, Humberstone est devenue le fantôme de ce village qu’elle était jadis. L’entrée ressemble au premier plan d’un western. Un grand portail en bois et ferraille s’ouvre sur une grande rue sableuse, vide. Des maisons identiques encadrent de chaque côté ce boulevard poudreux. Désertique, le climat a conservé les bâtiments en état. Seuls la poussière et le fer attaqué par l’humidité témoignent du passage du temps : 50 ans sans âme qui vive. Poteaux électriques et arbustes secs forment des ombres géantes sur le sol de la pampa.
 (photo LPJ) Un décor surréaliste On se croirait sur un plateau de cinéma, baraques en carton-pâte comprises. Le promeneur se prend à imaginer un scénario catastrophe ; une épidémie ravageant une population . Pour son film imaginaire, sans doute est-ce là qu’il planterait sa caméra. De fait, la série télévisée Pampa ilusión, diffusée en 2001, a été tournée ici. Le visiteur respire la présence encore tiède des habitants. Sur la place de l’église, l’hôtel, paraît prêt à encore accueillir quelques colporteurs en tournée ; mais personne derrière le comptoir de la réception. Un énorme cube de bois, c’est le théâtre. Les yeux fermés, il est facile d’imaginer un samedi soir ces fauteuils grinçants remplis de spectateurs. Un peu plus loin, dans une rue, une locomotive, puis, l’école et ses bancs vides, la lumière du désert baigne la pièce où des enfants allaient apprendre à écrire et compter. Au fond d’une rue, derrière une palissade, le bassin de la piscine. Ses parois en tôle sont rugueuses, rougies par la temps, mais le plongeoir, les gradins, l’échelle, tout est là. Intact. Ne manque que l'eau, si désirable sous cette chaleur sèche. Depuis le 15 juin 2005, l’usine désaffectée est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, et est entretenue par d’anciens habitants qui continuent à mettre en valeur et à faire visiter leur ville. Un avant-goût de ce qui attend à quelques centaines de kilomètres au sud, les bâtiments de l'ex ville de Chuquicamata, bordant la mine de cuivre à ciel ouvert la plus grande du monde . Depuis seulement quelques mois, tous les employés ont été transférés à la toute proche ville de Calama, laissant derrière eux une ville morte, encore "fraîche". Une autre visite remarquable. Marie GIFFARD. (www.lepetitjournal.com Santiago) mardi 5 août 2008
Renseignements : (57)751 213 Visites tous les jours de 8h30 à 18h30.
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