| Ecrit par Jérémy Patrelle,
le 04-08-2008 01:00
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Malgré sa défaite en demi-finale du Masters Series de Cincinnati face à Novak Djokovic (6/1, 7/5), Rafael Nadal deviendra, à 22 ans, numéro 1 mondial le 18 août prochain. Après 237 semaines de règne absolu, Roger Federer laissera donc sa couronne à l'Espagnol. Le début d’une nouvelle ère ? Attitude de gagnant pour Nadal, futur numéro 1 mondial (photo AFP)
La finale de Wimbledon laissait craindre le pire pour Roger Federer. Au bout d'un match d'anthologie (6/4, 6/4, 6/7, 6/7, 9/7), Rafael Nadal lui avait chipé sa couronne. Un coup de tonnerre dans le monde du tennis. Federer restait numéro 1 mondial mais le gamin de Manacor, hyper dominateur sur terre battue, devenait le maître de l'herbe ! Et tous les observateurs voyaient le premier joueur à réussir le doublé Roland Garros - Wimbledon depuis Bjorg en 1980, prendre la place du Roi Roger au sommet du tennis mondial. Un mois après sa cinquième victoire en grand chelem, c’est fait ! Un succès à Toronto et une demi-finale à Cincinnati, deux tournois sur dur, soi-disant sa plus mauvaise surface, lui auront suffi. Les subtilités du classement sont telles qu'il devra patienter deux semaines avant de voir son nom tout en haut du classement ATP. En raison des Jeux Olympiques, les points gagnés l'année dernière aux tournois de Toronto et Cincinnati ne seront retirés que dans 15 jours. Federer perdra ainsi le bénéfice de sa finale au Canada et de sa victoire aux États-Unis en 2007. Cette année le Suisse y a erré comme une âme en peine. Sans peps, sans coups d'éclats, peut-être même sans motivation, "Rodger" a perdu au premier puis au deuxième tour contre Gilles Simon et Ivo Karlovic, deux adversaires qu'il aurait dévorés tout cru il y a quelques mois. Depuis le début de l'année et sa mononucléose, il a perdu 11 matches contre 9 l'année dernière et cinq il y a deux ans. Il a remporté deux tournois mineurs (Halle et Estoril) contre une dizaine par an en moyenne…
Un règne sans partage ? Faut-il alors considérer que l'avènement de Rafael Nadal est uniquement dû à la grosse baisse de régime de l'ogre Suisse? Assurément non. Nadal a aujourd'hui un jeu très complet qui lui a permis d’enchaîner 32 victoires sur trois surfaces différentes avec cinq succès en tournoi à la clé : Hambourg, Roland Garros (le quatrième consécutif !), le Queen’s, Wimbledon et Toronto. Il n'hésite plus à aller de l'avant et vient finir au filet ses magnifiques attaques de coup droit liftées. Il fait mal à tous ses adversaires, il leur fait peur. Il ne lâche jamais un point, même dans les situations les plus désespérées. Mentalement, il est au-dessus du lot. Physiquement aussi. Techniquement il tend à le devenir. Alors certes il n'a pas l'élégance, la classe, le toucher et la vista de Federer, mais il a tout un arsenal de coups qui lui permet de prétendre à un long règne au sommet du tennis mondial. Le tournoi olympique de Pékin et l'US Open vont cependant très vite mettre ce règne à l’épreuve. Nadal va-t-il remporter un troisième titre en grand chelem cette saison ? Federer va-t-il gagner son premier ? Novak Djokovic, lauréat de l’Open d’Australie, vainqueur de Nadal samedi et éliminé en finale hier face à Murray va-t-il venir semer le trouble dans ce duel de titan ? Les paris sont lancés ! Jérémy PATRELLE. (www.lepetitjournal.com) lundi 4 août 2008
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