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Pojaman Shinawatra, épouse de l'ex-Premier ministre déchu de Thaïlande Thaksin Shinawatra, a été condamnée hier à trois ans de prison pour évasion fiscale par un tribunal de Bangkok. Elle a fait appel du jugement et est sortie sous caution Pojaman Shinawatra, épouse de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra a écopé de 3 ans de prison hier. Il s'agit de la première condamnation d'un membre de la famille de M. Thaksin depuis le coup d'Etat contre l'ancien homme fort de la Thaïlande en septembre 2006. Le demi-frère de Mme Pojaman et la secrétaire de l'épouse de l'ex-Premier ministre ont également été condamnés, respectivement à trois ans et deux ans de prison, dans le cadre de la même affaire. Les condamnés ont été libérés sous caution, après avoir versé 150.000 dollars chacun, en attendant l'issue d'une procédure d'appel, selon des responsables de la cour. Mme Pojaman, 51 ans, qui portait des lunettes de soleil et un tailleur gris sombre, a souri en quittant le tribunal. Accompagnée de M. Thaksin et de leurs trois enfants, elle a été saluée à sa sortie par des centaines de partisans portant des roses rouges. Une centaine d'autres personnes venues la soutenir avaient pris place sans la salle au moment où le verdict a été prononcé et retransmis en direct à la télévision. Quelque 200 policiers - certains en tenue anti-émeute - étaient déployés aux alentours. M. Thaksin se dit victime d'une "vendetta politique" Mme Pojaman et les deux autres accusés ont été reconnus coupables d'avoir agi de connivence pour éviter de payer des taxes estimées à 16,5 millions de dollars dans le cadre d'un transfert d'actions en 1997 en liaison avec une entreprise d'informatique et de télécommunications appartenant à M. Thaksin. Les accusés ont nié toute fraude fiscale, affirmant que les actions avaient fait l'objet de simples dons. Les analystes s’accordent pour dire que ce verdict est annonciateur d’une ligne plus dure encore que devraient adopter les tribunaux à l’encontre de Thaksin lui-même. "Les tribunaux ici sont souvent intimidés par les gens au pouvoir ou ceux qui y ont été et sont de fait réticents à condamner", rappelle Chris Baker, expert en politique thaïlandaise qui a publié une biographie de Thaksin Shinawatra. "Mais dans ce cas, cela ne semble pas se passer", dit-il. "C’est une indication de ce qui s’annonce pour les procès de Thaksin", estime Thitinan Pongsudhirak, analyste politique à l’Université de Chulalongkorn. M. Thaksin, puissant homme d'affaires de 59 ans, a été Premier ministre de Thaïlande de 2001 à 2006. Après le putsch contre lui déclenché par des généraux royalistes, il s'était réfugié en Grande-Bretagne où il a racheté il y a un an le club de football de Manchester City. L'ex-Premier ministre et son épouse sont revenus en Thaïlande où ils font l'objet d'une dizaine d'enquêtes et de procédures judiciaires pour des affaires de corruption. M. Thaksin a toujours clamé son innocence, affirmant qu'il était victime d'une vendetta politique. Des alliés de l'ancien Premier ministre sont revenus au pouvoir en février dernier à la faveur d'élections démocratiques qui ont mis fin à seize mois d'administration militaire, mais des généraux et des juges continuent d'exercer de très fortes pressions sur le camp de M. Thaksin. AFP (www.lepetitjournal.com/bangkok.html) vendredi 1er août 2008 |