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En Espagne, l’économie traverse une période particulièrement difficile. Hier moteur de la croissance, l'immobilier a déjà subi de gros ajustements depuis le début de l'année. Symbole de cette crise immobilière, le promoteur immobilier espagnol Martinsa-Fadesa Avec l’annonce, la semaine dernière, de la cessation de paiement du promoteur immobilier Martinsa-Fadesa, 234 emplois (pour un effectif total de 829 personnes, selon l’AFP) se retrouvent sur la sellette. Mais c’est aussi la preuve que l’époque dorée du "miracle économique espagnol", celui des années 90, est bien révolue. Martinsa-Fadesa est ainsi le premier grand groupe immobilier à se placer sous la protection de la loi depuis le début du retournement du marché immobilier espagnol en 2008. Ce retournement est d’autant plus difficile à gérer pour les entreprises que la crise financière mondiale touche aussi l’économie espagnole. Dans la nuit du 14 au 15 juillet, le conseil d'administration du promoteur immobilier Martinsa-Fadesa (dont les actifs sont évalués à près de 10,8 milliards d'euros) a décidé de "présenter une demande de cessation de paiement pour éviter une aggravation de la crise qui pourrait devenir irréversible". Celle-ci résulte, entre autres, de l’OPA qu’a réalisé en décembre 2006 Martinsa, alors petite entreprise non cotée, sur l’une des figures de l’immobilier espagnol, le galicien Fadesa. L’opération lancée par le patron du groupe et ancien président du Real Madrid, Fernando Martin, est arrivée trop tard, juste après le pic de l'immobilier espagnol. Aujourd’hui, la dette du promoteur Martinsa-Fadesa est chiffrée à 5,2 milliards d’euros.
Le secteur de la construction s'affaisse Après avoir connu une période faste (près de 4 % de croissance pendant 10 ans), l’Espagne voit se dessiner l’ombre de la récession. Le secteur de la construction qui représentait jusqu’ici 16 % de son PIB et 20 % de l’emploi est en train de s’affaisser brutalement. Et, au mois d’avril, le FMI jouait cartes sur table en estimant que le logement en Espagne était surévalué de l’ordre de 20%. L'éclatement de la bulle immobilière en Espagne commence à se répercuter fortement sur les comptes des entreprises opérant dans le secteur. Selon le journal Libération, en 2007, "la moitié des sociétés immobilières en Espagne ont déposé leur bilan et au premier trimestre 2008", les promoteurs ont enregistré un recul de plus de 30 % de leurs ventes (la baisse dépasse 70 % dans le résidentiel). Enfin, selon l’AFP, le gouvernement a annoncé que l’Espagne s'était retrouvée en déficit budgétaire au premier semestre 2008 à cause de la crise économique. Le Ministère de l’Economie a ainsi précisé que la crise était due au "ralentissement économique, principalement dans le secteur immobilier". Elise PINSSON. (www.lepetitjournal.com - Barcelone) jeudi 24 juillet 2008 |