| Ecrit par Frédéric Guitton,
le 31-07-2008 01:00
|
|
Après 9 jours de négociations intensives, les ministres du Commerce du monde entier réunis au siège de l’OMC ne sont pas parvenus à s’accorder sur la libéralisation des échanges. Et tous se renvoient aujourd’hui la responsabilité de l’échec Il était considéré comme la réunion de la dernière chance. Le sommet de l’Organisation Mondiale du Commerce, qui se tenait depuis le 21 juillet à Genève, a échoué après 9 jours de négociations. Lors de cette réunion, 153 ministres du Commerce du monde entier avaient pour objectif de trouver un accord afin de rééquilibrer les échanges commerciaux. Car la situation est aujourd’hui très imparfaite. Dans les pays riches, les subventions agricoles et les droits de douanes empêchent par exemple les importations de produits venus de pays émergents. Les négociations devaient ainsi tenter de réduire les freins à la libéralisation dans le domaine agricole, mais également dans l’industrie, les services et les télécommunications. Mais mardi, les négociations se sont interrompues, et aujourd’hui, les pays s’accusent mutuellement d’avoir causé cet échec. Pour le Japon, la faute est à imputer à la Chine et à l’Inde qui voulaient protéger leurs productions agricoles contre les importations, alors que pour Pékin, les responsables sont les Etats-Unis et l’Europe qui ont refusé de renoncer aux subventions agricoles. Hier, le ministre de l’Agriculture Michel Barnier a pourtant affirmé que "l’Union européenne a fait de très grands efforts", mais a critiqué le manque de réciprocité de la part des "grands pays émergents".
Pas de nouvelles discussions avant fin 2009 Ces négociations de Genève devaient mettre un terme à 7 ans de discussions, initiées lors du "cycle de Doha" en 2001. A l’heure où la hausse des prix alimentaires, la flambée du pétrole et la crise du crédit freinent considérablement l’économie mondiale, un accord multilatéral aurait permis de stimuler la croissance économique. Pour le président de l’OMC Pascal Lamy, la baisse des barrières douanières aurait ainsi apporté "chaque année 50 milliards de dollars de commerce mondial supplémentaire, et 100 milliards au bout de dix ans". Mais l’impasse de ces négociations, qualifiée de "pas en arrière" par le commissaire européen au commerce, rend aujourd’hui les économistes très pessimistes. L'OMC n’envisage pas de nouvelles négociations avant fin 2009. En attendant, l’absence d’entente mondiale laisse libre cours à la multiplication d’accord bilatéraux, souvent désavantageux pour les pays pauvres. Selon l’économiste Patrick Messerlin, "les petits pays émergents et les pays les moins avancés" risquent désormais "de se retrouver avec des accords très inégalitaires, voire impérialistes". Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 juillet 2008 En savoir plus : LCI - Après l’échec, le concert de lamentations Le Figaro - Sept ans de négociations dans l’impasse L’Express - L’OMC réduite à son rôle d’arbitrage
|