| Ecrit par Frédéric Guitton,
le 30-07-2008 01:00
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Un nouveau plan de redressement des comptes de la Sécu a été présenté hier par le gouvernement. Pour la renflouer, une taxe sera bientôt appliquée sur les mutuelles et assurances santé. Mais beaucoup craignent une répercussion sur les cotisations La ministre de la Santé Roselyne Bachelot s’est associée au ministre du Budget Eric Woerth pour tenter de mettre fin au déficit croissant de l’Assurance maladie (photo AFP)
Plus de 4 milliards d’euros, telle est la profondeur du tristement célèbre trou de la Sécu. Pour tenter de le combler, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot s’est alliée au ministre du Budget Eric Woerth en proposant hier un 25ème plan de "redressement" de la Sécurité sociale. Pour renflouer les caisses, ce plan propose notamment une baisse des prix des médicaments génériques, des économies sur les transports sanitaires et les arrêts maladies, une amélioration de la productivité dans les hôpitaux, et surtout une taxation du chiffre d’affaires des assurances santé et des mutuelles à hauteur d’un milliard d’euros. Pour Roselyne Bachelot, cette nouvelle taxation est légitime : "les organismes d’assurance complémentaire bénéficient de la baisse des prix et de la consommation des médicaments". Selon elle, les bénéfices des mutuelles ont progressé de 25% en quatre ans. Mais pour les compagnies d’assurance santé, la pilule est difficile à avaler. Amer, le président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davant, regrette de devoir payer "l’incapacité de l’Etat et des partenaires sociaux à gérer correctement l’assurance maladie".
La crainte d’une hausse des cotisations Hier, l’opposition a aussitôt critiqué ce plan draconien. Pour le porte-parole du PS Julien Dray, cette taxe risque d’obliger les mutuelles à "réduire les remboursements, ou à augmenter les tarifs". Mais du côté du gouvernement, on assure qu’aucune augmentation des cotisations n’aura lieu. Très optimiste, Roselyne Bachelot considère même que si les tarifs venaient à augmenter, "vous avez toute possibilité de vous tourner vers un autre assureur complémentaire". Pour mieux garantir la coopération des mutuelles, Eric Woerth a annoncé que ces dernières seront bientôt "associées à la gestion" de la Sécurité sociale. Et pour compléter la taxe des assurances complémentaires, le gouvernement envisage également de prélever une cotisation patronale sur l’intéressement et la participation dans les entreprises. Débattu dès la rentrée, ce plan de redressement devrait entrer en vigueur dès janvier prochain. Car pour le gouvernement, le temps presse. Selon le ministre du Budget, "le trou de la Sécurité sociale se creuse de deux milliards d’euros chaque année". Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) mercredi 30 juillet 2008
En savoir plus : France Info - La Sécu veut (encore) faire des économies Le Parisien - Eric Woerth et Roselyne Bachelot : "Le patient ne doit être en aucun cas perdant" LCI - Inquiétudes autour du plan de renflouement de la Sécu
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