| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 29-07-2008 01:00
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Dans une Turquie meurtrie par un attentat qui a tué 17 personnes, la Cour constitutionnelle débat sur l’éventuelle dissolution de l’AKP. Le Parti de la justice et du développement du Premier ministre Erdogan est accusé d’intenter aux principes de laïcité Il règne une grande tension en Turquie, non seulement dans la rue mais également dans les couloirs du pouvoir. A la tête du pays depuis 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) tremble sur ses bases. Au lendemain d’un double attentat à la bombe, qui a causé la mort de 17 personnes et blessé plus de 150 autres à Istanbul, avant-hier, la Cour constitutionnelle débat ardemment pour se prononcer sur l’éventuelle dissolution de l’AKP. Le parti du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste, est accusé de se livrer à des "activités antilaïques". Sont notamment pointés du doigt la levée de l’interdiction du port du voile dans les universités, invalidée en juin par la même Cour constitutionnelle, et un projet de loi pour instaurer des quartiers sans alcool dans les villes. Soutien populaire En plus de la dissolution de l’AKP, la première instance juridique du pays peut décider d’une inéligibilité de 5 ans pour Erdogan, le président de la République Abdullah Gül, et les 69 autres cadres du parti. Sept voix sur les 11 juges sont nécessaires pour entériner l’interdiction. Mais l’AKP bénéficie d’un fort soutien populaire - 47% aux dernières législatives - grâce à un bilan économique positif. Sa dissolution pourrait mettre les élites laïques, à l’origine des accusations contre le parti au pouvoir, en porte à faux avec la rue. La crise serait d'autant plus grande que les laïcs ne sont pas à la fête, certains des membres de leur camp faisant partie d'un groupe de 86 personnes actuellement jugées par un tribunal d'Istanbul pour tentative de putch. Dans ce cas là, des élections législatives anticipées seraient organisées d’ici novembre, auxquelles les membres de l’AKP prévoiraient déjà de participer avec un nouveau parti. Cette procédure légale n’a rien d’exceptionnelle en Turquie. Déjà 24 formations - islamistes, kurdes ou d’extrême gauche - ont été dissoutes depuis 1963. L’AKP lui-même est issu d’un parti interdit en 2001. Mais taxée de coup d’Etat judiciaire par ses détracteurs, cette procédure pourrait donner du grain à moudre aux opposants de l’entrée de la Turquie dans l’UE. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mardi 29 juillet 2008 En savoir plus Le Monde - La justice turque délibère sur la dissolution du parti de M. Erdogan France Info - Turquie : le parti islamiste AKP menacé de dissolution Nouvel Obs - Turquie : pourquoi il ne faut pas interdire l'AKP
- Double attentat, sur la piste du PKK Le dernier bilan du terrible double attentat qui a secoué Istanbul dimanche, fait état de 17 morts, dont 5 enfants, et 156 blessés. Une cinquantaine de personnes étaient toujours hospitalisées hier. Les deux engins étaient disposés dans des poubelles, et ce n'est que la deuxième explosion qui a tué, 10 à 12 minutes après la première qui a provoqué un rassemblement. Les autorités sont persuadés que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en lutte armée contre le pouvoir central pour l'indépendance du sud-est de l'Anatolie, est à l'origine de la tragédie. De son côté le PKK a nié toute responsabilité. Les rebelles kurdes subissent toujours une vague de représailles militaires dans le sud-est turc et le Nord de l'Irak où ils se sont réfugiés. (LPJ - 29/07/08)
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