| Ecrit par Jean-Pierre SOVANNAVONG,
le 29-07-2008 01:00
|
|
Si les résultats ne sont pas encore officiels, les jeux sont désormais faits. Le PPC fort de ses 90 sièges dominera désormais sans grand partage la vie politique cambodgienne pour les 5 années à venir. Et les réclamations de l’opposition ne devraient guère modifier cette nouvelle donne
(photo LPJ)
Les chiffres circulaient depuis quelques semaines déjà, et le PPC annonçait haut et fort son souhait de disposer d’une majorité forte. C’est désormais fait, et dans des proportions inégalées. Le parti du premier ministre dispose désormais de plus des deux tiers des sièges de l’assemblée, et peut donc à sa guise gouverner seul et même modifier la constitution. Une situation de monopole du pouvoir que plusieurs organisations avaient dénoncé avant le scrutin, appelant à l’union de l’opposition. Cette dernière est désormais morcelée entre le PSR, 26 élus, le PDH, 3, et enfin les deux formations royalistes, 2 chacun. Les réclamations de Sam Rainsy, et ses appels à la mobilisation ne devraient guère modifier le résultat final. Car l’opposition est la première victime de la hausse de l’abstention, et les jeunes, catégorie d’électeurs plutôt sensibles à ses sirènes, se sont retrouvés trop nombreux à ne pas voir leur nom sur les listes électorales. Tromperie d’un CNE politiquement biaisé, nonchalance des premiers concernés, toujours est-il que la communauté internationale dans son ensemble reconnaît la validité du scrutin tout en en dénonçant quelques irrégularités. Pas suffisamment toutefois pour que l’on puisse imaginer les autorités procéder à un nouveau scrutin à Phnom Penh comme le demande le PSR rejoint à l’occasion par le PDH, le PNR et le FUN. Une alliance bien trop tardive pour peser sur le scrutin.
L’opposition rate le coche Car au delà du déclin politique des formations royalistes, qui ensemble atteignent à peine les 12% des votes, c’est au sein du PSR et son rival du PDH qu’il faut chercher les raisons de l’échec de l’opposition. Haut et fort, Sam Rainsy et Kem Sokha annonçaient il y a encore quelques jours être sur de disposer d’une majorité simple au sein de la nouvelle assemblée, bien loin d’une réalité du terrain qui donnait dores et déjà le PPC largement vainqueur. En lançant son propre parti, Kem Sokha aura joué le jeu du PPC, refusant de participer à une alliance préélectorale proposée par le prince Norodom Ranariddh notamment. Les quelques 3 sièges de son Parti des droits de l’homme démontrent l’échec d’une stratégie en solitaire. Plus grave, Sam Rainsy apparaissait au sortir des élections de 2003 comme le principal outsider de la politique cambodgienne. C’est pourtant lui qui a fait voter il y a 2 ans par ses députés, au grand damne des élus FUN, un texte de loi modifiant la règle de la majorité de deux tiers à " 50 + 1 ". Il aura cru ainsi pouvoir d’un même trait éliminer les monarchistes du Funcinpec et aussi préparer une victoire en solo pour son parti pour ce scrutin. Mais faute de rassembler suffisamment autour de sa personne et de son programme, il a échoué et l’addition est désormais des plus salées. Car si son parti a gagné deux sièges par rapport à 2003, il apparaît bien seul face aux 90 élus du PPC. Les ténors du PSR, PDH, FUN et PNR confondus, sauront-ils trouver sur les bancs de l’opposition une stratégie commune en vue des prochaines élections. C’est en tout cas ce que l’on peut souhaiter pour la santé politique du vieux royaume. Jean-Pierre SOVANNAVONG. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) mardi 29 Juillet 2008
|