| Ecrit par Aurélie Colladon,
le 18-08-2008 01:00
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Depuis ces dix dernières années, la croissance économique frôle les 10 %, avec une tendance à l’accélération depuis 2003. Cette croissance forte, couplée à la stabilité politique, fait que les changements observés depuis dix ans sont nombreux. Témoignages en cinq temps
Le tout nouveau centre commercial Sovanna a ouvert ses portes en Mai 2008 (Crédit: A.C.)
Avec la croissance, une nouvelle classe moyenne fait son apparition, une classe moyenne qui consomme et qui voyage. Pour Jacques Guichandut, fondateur de l’agence de tourisme Asian Trails, ce phénomène est encore tout nouveau : "Au Vietnam, il y a un vrai marché touristique ‘de masse’. Les Vietnamiens vont en Thaïlande, au Cambodge… Ici, le marché est naissant mais la nouvelle classe moyenne a envie de voyager au-delà des frontières". André Galabro, propriétaire du restaurant Le Deauville, a lui aussi remarqué l’essor de cette nouvelle classe moyenne, dont le pouvoir d’achat augmente et qui a soif de consommation et de divertissements. Mais il regrette que cette évolution s’accompagne d’un recul des traditions : "La jeunesse aujourd’hui s’est libérée. Les tenues vestimentaires ont changé, les jeunes sortent, boivent de l’alcool. Petit à petit, ils oublient leur culture". "Une coupure de plus en plus sensible entre les plus favorisés et les autres" Pour Jean-Daniel Gardère, ancien conseiller économique et financier pour le Cambodge et le Laos, les changements observés sur les mœurs d’une population qui a majoritairement moins de 20 ans proviennent sans doute "d’ une aspiration globale, renforcée au Cambodge par les épreuves et l’état de dénuement dont est sortie la population. C’est aussi la modernité qui s’est introduite en force dans le sillage de la réouverture, de la normalisation et de l’adhésion entière aux principes de l’économie libérale que les signataires occidentaux des Accords de Paix de Paris ont à la fois proposés et imposés au Cambodge". Denis Bouttier est conseiller depuis 10 ans et demi auprès d’une ONG khmère qui gère un orphelinat dans la province de Banteay Meanchey. Son constat est sans appel : "l’émergence (précaire) d’une classe moyenne ne masque pas l’enrichissement effréné des nantis et la tendance à une coupure de plus en plus sensible entre les plus favorisés et les autres". Aurélie COLLADON. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) lundi 18 août 2008
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