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FOLKLORE - Tirana danse pour la vierge |
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mardi 29 juillet 2008 |
Quelque part dans le Nord du pays, à 72 km au sud-est d’Iquique, une ville s’agite. Chaque année, la semaine du 16 juillet, le même phénomène se reproduit : la Tirana, petit village de 500 habitants, enfle jusqu’à accueillir 200.000 visiteurs pour la fête de la Vierge. Neuf jours de danse et de musique traditionnelle en plein désert
Danseuse à la Tirana (Photo LPJ)
La Tirana tire son nom de la princesse inca, ñusta Huillac, la belle tyranique du Tamarugal (la bella Tirana del Tamarugal), qui se rebella contre les conquistadors espagnols en 1780. Elle était alors connue pour sa cruauté envers ses prisonniers. L’un d’entre eux, le mineur portugais Vasco de Almeyda, parvint à séduire la belle et à la convertir au catholicisme. Les anciens alliés de la Tirana, voulant punir cette trahison, leur percèrent le cœur de plusieurs flèches. La légende raconte qu’une image de la vierge est apparue à la place de la Tirana. Un sanctuaire a été construit à l’endroit même. Depuis, tous les ans, du 10 au 19 juillet, le sanctuaire religieux de la Tirana, s’anime. Une centaine de confréries de danseurs débarquent dans l’agglomération située à 950 mètres au-dessus du niveau de la mer. Pendant dix jours, ces groupes composés de dizaines de danseurs et danseuses de tous les âges (de 3 à 70 ans) vont rendre hommage à la Vierge del Carmen. Trompettes, cuivres, sifflets, caisses claires et instruments andins (charango, flûte de pan…) rythment les chorégraphies qui continuent pendant la nuit.
Costumes bariolés et musique festive A chaque confrérie son orchestre et son costume folklorique. Brodés, multicolores, bouffants, les tenues des danseurs sont très élaborées. Les visages arborent des masques excentriques à l’effigie du diable, des pompons ornent les cheveux tressés des filles, les hommes portent de longues capes et des bottes à grelots. Sur le parvis de l’église, les groupes se succèdent, se bousculent, et vient le moment des processions jusque dans le bâtiment, avec en tête, la statue de la vierge que le village a apporté sur un char. S’ensuivent de longues minutes où les pèlerins, par leurs chants et leurs danses, demandent à la Sainte patronne une bénédiction. Entre dévotion et fanatisme populaire, la fête de la Tirana attire beaucoup de touristes, de familles et des jeunes venus faire la fête. Alors que l’apport d’alcool dans l’enceinte du village est interdit, on raconte que certains enterrent leurs bouteilles dans le sable quelques jours avant… Le camping héberge des milliers de fêtards. Sous le soleil de plomb de la région, la musique enivre les esprits et vénère le tyran devenue vierge. M.G. (www.lepetitjournal.com - Santiago) mardi 29 juillet 2008
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